jardiniere de passage

De l'expérience d'un jardin dans un passage de Paris.

Le contexte

Initié en 2010 par un groupe de propriétaires dynamiques issus des immeubles en copropriété d’un passage parisien du 18è, le projet de végétalisation « Passage à vivre », a été approuvé en Assemblée générale de passage en juillet 2012. Les 8 copropriétés (au sein desquelles une entreprise familiale de  haute facture de Pianos bien vivante) sont en effet regroupées en Association de passage pour la gestion de leurs espaces communs.

On partait de rien. On partait d’un passage minéral, d’un passage pavé. On allait être hors sol. En posant la question de la localisation des bacs à végétaliser, on bousculait les habitudes d’usage des espaces communs du passage (au delà du règlement intérieur du passage, comme la colonisation des scooters) et les droits revendiqués -peut-être à tord- par les uns et les autres quant aux limites devant les immeubles respectifs. On posait la question du « frontage » de nos immeubles. Frontage : un mot Québécois identifié par l’urbaniste Nicolas Soulier pour dire cet espace privé entre le devant d’une façade et la chaussée.

Le projet du « passage à vivre » restituait avant tout une envie de nature, un rêve de jardin exprimé par les participants au projet, dont j’étais. Le choix des plantes exprimait avant tout l’histoire, l’origine, la culture, les goûts et les couleurs de chacun. Pour faire consensus et adhésion, le jardin projeté était ainsi une sorte de jardin d’Eden, -la somme des jardins de chacun-, au delà de sa faisabilité, de sa capacité à se développer dans les conditions d’exposition et de culture… Il fallait commencer par croire en cela, on verrait bien après. Avec la diversité de chacun, déjà s’exprimait la diversité du jardin.

Parler de nature en ville permit aussi d’espérer le retour du chant des oiseaux, l’installation d’une ruche. On se prit à rêver de choses plus extravagantes encore : la végétalisation de certains murs aveugles, celle du grand toit peu pentu et déjà goudronné… un composteur pour nos déchets végétaux. Je voyais bien qu’il y avait moyen de relier cet espace de vie où je demeurais et dont on voulait améliorer le cadre avec mes centres d’intérêt professionnels (politiques publiques de développement durable, environnement, citoyenneté).

Automne 2012, l’installation. Des auges en pierre reconstituée et des bacs à orangeraie (issus de matériaux de recyclés) ont été répartis tout au long du passage et sous les porches. Toutes les copro ayant financé, il faudrait une répartition équitable. Il faudrait des « fleurs partout », mêmes sous les porches… Les végétaux ont été installés avec le pépiniériste. Déjà, j’avais passé cette journée de septembre les mains dans la terre avec lui : préparer les bacs (puzzolane, tissu drainant, terreau), répartir les plants sur les 50 contenants pour façonner ce qui serait notre paysage quotidien. Le petit groupe des copropriétaires à l’initiative du projet s’était aussi mobilisé, l’équipe de l’entreprise des Pianos nous prêtant main forte pour positionner les bacs.

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Pour la suite, un jardinier a été retenu pour l’entretien et l’arrosage à l’année. Après le printemps vint l’été. Le petit bonhomme était rêveur, un coup de ciseaux à droite, à gauche, un arrosoir en plein soleil, puis moins encore. Les feuilles du lilas des Indes se dorèrent déjà au cœur du mois d’août. Le nouveau jardin battait de l’aile.

Ce jardin naissant, qui avait nécessité tant d’investissement pour conquérir l’espace, peinait. Sa culture hors sol demandait à être vraiment accompagné. Alors je m’étais mise à donner un coup d’arrosoir de temps en temps pour voir la végétation repartir. Je m’étais mise aussi à initier un lombricomposteur dans mon immeuble entre une dizaine de résidents. Il fallait reprendre le mouvement.

Automne 2013. J’avais du temps après mon travail au bistrot, j’avais besoin du plein air et de la pleine terre. J’avais envie de me remonter les manches. J’avais envie d’un jardin. Depuis longtemps. Et j’avais ce terrain de créativité là, en pleine capitale, juste en bas de chez moi ! On m’y a invitée. J’y suis allée. Je suis descendue au jardin. Je me suis lancée dans ce jardin suspendu, pour le compte de toutes les copropriétés.

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