jardiniere de passage

De l'expérience d'un jardin dans un passage de Paris.


Poster un commentaire

Dès demain : faîtes naître un jardin dans la rue…

Avis aux bricoleurs, jardiniers et bonnes volontés !

Jardin en construction : jeunes pousses de pépins prod à la conquête de Paris

A deux pas du jardin du passage et de la place clichy, demain, un autre jardin des possibles va émerger en pleine rue.

Ce jardin posé dans une rue de pavés, à l’initiative d’un collectif d’habitants issus de plusieurs copropriétés, annonce l’émergence d’un esprit de quartier.
Ce jardin conseillé et réalisé avec et par Pépins production, l’association qui crée des Pépinières de quartier dans Paris (dont je participe au développement), offre l’espérance d’une biodiversité stimulée.
Ce jardin construit avec nos mains, notre enthousiasme, notre envie de partager et transmettre, est dessiné par des plantes produites en Ile de France et de manière responsable.
Ce jardin sera aussi un lieu de multiplication des végétaux, comme une autre petite pépinière en plein Paris, dans l’esprit du projet porté par Pépins production.

Ce jardin voit le jour grâce au financement de la mairie du 18ème arrondissement dans le cadre de son opération « Végétalisons le 18è ! »

Près de 60 contenants à assembler, à habiller de bois et de treilles, à combler de plantes produites en Ile de France et de manière responsable. Un beau défi !

Deux week-ends de chantier : 29/30 octobre et 5/6 novembre // face au 13 rue Capron, Paris 18è

Le chantier réunira habitants du quartier, sympathisants et adhérents de Pépins Productions.
Vous aussi, venez participez, nous encourager ou seulement regarder.

> Samedi et dimanche 29/30 octobre de 10h à 17h : préparation du chantier, bricolage (découpes et assemblages des planches, peintures, treilles).
> Samedi et dimanche 6 novembre de 10h à 17h : installation des bacs, de la terre et des plantes sélectionnées par Pépins production
Outillage mais aussi cakes et gâteaux bienvenus !

pp_affiche-jardin-capron

Publicités


1 commentaire

2. Rêve de plantes… trois pépinières + une

Suite de ma « Trilogie dans un jardin ».
Hiver – Début du printemps. Pendant le repos végétal, la jardinière se prend à rêver à demain : à penser le jardin, dans ses forces, ses faiblesses, ses manques, ses richesses…  C’est alors le temps du voyage pour rapporter du nouveau.

Douceur, pluie et soleil en alternance, un cocktail d’énergie pour la grande poussée végétale. Une envie folle de jardinage saisit les urbains comme les ruraux. Pas vous ? Vite, satisfaire son « besoin de fleurs », maintenant (même si ce n’est souvent pas encore leur moment).  Inconsciemment, se relier à la poussée printanière de vie. Répondre à cet appel-là est essentiel. Et pourtant il semble que l’on ne se rue plus dans les jardineries (Le Monde, 18 mars 2016, Les Français aiment le jardinage, pas les jardineries).

C’est peut-être qu’on a trouvé mieux : des pépinières tenues par des hommes et des femmes passionnés qui produisent artisanalement des plants rustiques, dans une approche soigneuse de l’environnement.

Moi je pars là-bas chercher des plantes et je reviens finalement avec le paysage où elles ont poussé, le jardin où elles ont grandi, la personnalité du jardinier qui les a multipliées puis élevées. Je reviens avec leur terroir, leur histoire. Alors j’installe les plantes dans le jardin. Elles deviennent miennes, mais elles viennent de quelque part. Cela change le regard.

Si possible, retenez vos envies de plantes et faites l’effort de rechercher autour de vous un petit producteur ou allez à sa rencontre sur les fêtes des plantes qui se déroulent en ce moment. Vous ne serez pas déçus ! Voici quelques unes de mes destinations de voyage : 

Morvan : Pépinière Le Jardin du Morvan de Thierry Denis

JardinduMorvan_Beauregard_AV

Pépinière Le Jardin du Morvan exposant à St Jean de Beauregard

Sur le chemin de mes explorations et de mes désirs de plantes à partager dans le passage, j’ai d’abord longtemps rêvé dans le catalogue de la Pépinière Le Jardin du Morvan de Thierry Denis. L’approche du catalogue de vivaces, est de faire entrer le lecteur-jardinier dans la richesse végétale non pas seulement par ses attraits, au risque d’échouer dans ses expériences, mais par le contexte de plantation. La plante vit, la plante n’est pas un objet. Alors le catalogue éveille à l’interaction des environnements qui influencent la croissance de la plante : sa localisation, mais surtout ses relations avec les autres végétaux. Le portrait des plantes y est très imagé, plein d’humour et traduit des années d’expériences à la rusticité avec et sur la terre du Morvan. … Après avoir usé les pages du catalogue, je me suis retrouvée, contre toute attente, au milieu de ses jeunes plants, sur le stand de vente de Jardin du Morvan à la Fête des plantes de Beauregard. Vous pourrez aussi m’y retrouver pendant les Journées des Plantes de Chantilly des 13, 14, 15 mai prochains !

Oise : Pépinière Jardin Clair Obscur

Jardin Clair Obscur à Parmain

Jardin Clair Obscur à Parmain

Au hasard d’une rencontre devenue amitié, j’ai été introduite il y a deux ans au charme discret de la Pépinière Jardin Clair Obscur à Parmain, dans l’Oise. Je vous en ai déjà parlé. Sur une pente douce, une vieille maison d’abord, qui cache un jardin de sauges, de fuchsia qui s’élève vers une lisière boisée. Trois petites serres abritent les collections gélives de Thierry, passionné de vivaces d’ici et de très loin. Le jardin émerveille par son étalement de longues floraisons et de senteurs, qui se superposent au fil des saisons. La sauge, qui s’y décline en mille situations,  est une espèce à découvrir et à essayer dans son jardin. Jardin Clair Obscur sera présent au 21è Marché aux plantes de Grisy-les-Plâtres dans le Vexin, le 24 avril prochain.

 Hauts de Seine : Pépinière Patrick Nicolas

Pepiniere_Patrick Nicolas_AV

Pépinière Patrick Nicolas à Meudon

Un matin de mars, j’ai découvert, sous une fine couche de neige, la Pépinière de Patrick Nicolas, à Meudon. Dans le dédale d’un petit quartier en pente non loin de la gare, le vieux portail vert s’ouvre sur un jardin de godets de vivaces posés à même le sol, d’où émerge une vieille maison. La production en bio de la quasi totalité des vivaces vise la sélection de plantes rustiques adaptées aux épreuves citadines, comme le stress hydrique imposé par un jardinier de balcon négligeant ou s’absentant souvent. Les sedums, sempervivums et les plantes grimpantes sont parmi ses spécialités. Il faudra y revenir au printemps…

 

 

 

Paris : Les Pépinières de quartier de Pépins production

Pepiniere Fleury_AV

La Cabane Fleury – Pépinière de Pépins production, Paris 20è

Ces jeunes pépinières-là ne sont pas des découvertes. Elles sont une création, fruit d’un engagement personnel, avec quatre autres porteurs de projet (Amélie, Loubliana, Blandine et Gabe), pour accompagner de manière responsable le processus de végétalisation à Paris, au tout début du cycle de la plante.

Par son activité associative de pépinière, unique à ce jour, au coeur de Paris, Pépins production produit depuis ce printemps de jeunes plantes (aromatiques, légumes, fleurs…) locales, bio, rustiques, très variées, au plus près et avec les habitants.

La Cabane Fleury ou la Nurserie des Grands Voisins sont les deux premières pépinières de quartier de Pépins production. Dans un square avec les habitants du quartier ou sur la terrasse d’un ancien hôpital avec des hébergés en précarité, Pépins production fait germer des jeunes plantes et de belles relations dans Paris. Ces deux lieux ont fait leurs portes ouvertes aux 48 heures de l’agriculture urbaine à Paris. Retour sur l’événement….

PP_Picto_apprentissageCurieux de nature, jardiniers, rejoignez Pépins production ! Choisissez parmi les deux formules d’adhésion, « Pépin le Bref » ou « Pépin le Grand », pour vous procurer des plantes 100% parisiennes, pour participer au semis de vos propres plantes ou seulement soutenir le projet !

Adhésion  en ligne sur hello asso ou, mieux, sur les deux pépinières de quartier. Venez nous visiter et repartez avec des plantes locales, bio et rustiques pour vos jardinières !

Prochaines bourses aux plantes « Pépins production » :
– samedi 21 mai 2016 à partir de 15h : Dans le passage,  « Descends ta jardinière, saison 2 »
– dimanche 22 mai : Cabane Fleury, square Fleury.

 

+++++++++++++++++++

Y aller :

Pépinière Jardin du Morvan de Thierry Denis :
Thierry Denis – Le Jardin du Morvan  – La Brosse – 58370 LAROCHEMILLAY
jardindumorvan@gmail.com
La vente par correspondance est assurée du 1er mars au 31 mai et du 1er septembre jusqu’à fin novembre, voir plus selon les conditions climatiques.

Jardin Clair Obscur :
6 rue des Belles Polles – 95620 Parmain – Tél : 01 34 73 10 40
Accès facile par le RER H depuis Gare du Nord – Gare l’Isle Adam Parmain.
Accueil les mercredi et samedi entre 14h et 19h30.

Pépinière Patrick Nicolas :
8 sentier du Clos Madame – 92190 Meudon – Tél : 01 45 34 09 27- Accessible en RER C Meudon Val Fleury ou Train SNCF depuis la gare Montparnasse. Ouvert tous les vendredi de 14h à 18h et les samedi de 10h à 18h.
pepiniere.patrick.nicolas@gmail.com

Pepins_logo_GRANDPépinières de quartier de Pépins production :
Cabane Fleury : Square Emmanuel Fleury, 40 rue Le Vau, Paris 20è // M (3)  Porte de Bagnolet / M (3 Bis) / (11) Porte des Lilas / T (3b) Adrienne Bolland M (4)
Nurserie des Grands Voisins : à l’ancien Hôpital St Vincent de Paul, Paris 14è // M (4) / (6) Denfert Rochereau

 


2 Commentaires

Bernard Maris, cet économiste qui prenait la nature au sérieux.

Avec lui, dès potron-minet, on avait envie de s’intéresser à l’économie (7h50 le vendredi sur France Inter). Et pas seulement parce qu’il était un grand vulgarisateur de ses mécanismes. D’une voix joviale et enjouée, mais dissonante, il proposait aussi une autre vision réaliste de l’économie pour le développement de notre société. Mettant en évidence les travers du capitalisme sur l’homme. Repoussant la démesure de la consommation. Incluant la solidarité et la coopération, deux formes d’association très présentes dans la nature. Observateur de la nature et des mécanismes d’interaction des êtres vivants, au point d’en intégrer sa science, l’écologie, dans sa pensée économique.

Retranscription de quelques bribes de sa pensée, extraites de CO2 mon amour, France Inter, samedi 10 janvier 2014

« L’économie, c’est la science de l’utilité. L’écologie, c’est la connaissance de la beauté.
La profusion, c’est un mot interdit aux économistes. Nous, les économistes, nous sommes dans la rareté, dans la parcimonie, dans le calcul égoïste. Cette profusion et cette beauté, c’est le regard de l’écologie. Si j’avais un souhait à faire, ce serait d’offrir de la profusion aux économistes…. en autorisant les humains à accéder à cette profusion des étoiles, la nuit.

La concurrence libre et non faussée ne donne pas les bonnes solutions. Elle donne toujours les solutions les pires. On le voit tous les jours sur les marchés financiers. C’est toujours le mauvais qui reste et le bon qui disparait (on l’a vu au moment des subprimes). C’est un dogme pur, dont se sont emparés les économistes, les politiques, la commission européenne. Heureusement qu’il y a toujours quelqu’un qui coordonne, un coopérateur qui organise et qui fait qu’il y a une solidarité qui donne une solution bien meilleure que la concurrence libre et non faussée… Ce dogme nous fait faire les pires bêtises.

Nous avons un devoir moral vis à vis des animaux. Nous montrerons de plus en plus d’humanité  lorsque nous serons attentifs aux animaux. Il est inadmissible de faire souffrir les animaux. Prenez les poules, qui sont très intelligentes… On peut adopter des poules*, qui sont des animaux de compagnie merveilleux. Vous verrez l’affection que vous porteront les poules. Elles ont un humour presque aussi grand que les chats. »

Bernard Maris, universitaire, économiste, écrivain, chroniqueur
tué dans la tragédie du 7 janvier, dans les locaux de Charlie Hebdo.

je suis charlie 11 janvier_AV

Marche pour la République, Boulevard de Ménilmontant, 11 janvier 2014

*Mes voisins, déjà très ouverts, très participants, seront peut-être cette fois convaincus de l’utilité sociale, en plus qu’alimentaire, de l’élevage de quelques poulettes dans notre passage !  Axelle Verdier


5 Commentaires

En ce début 2015, soyons fruitiers de fraternité !

Cultiver la fraternité…

2014 se couchant sur Paris, depuis Caulaincourt.

2014 se couchant sur Paris, depuis Caulaincourt.

 En ces commencements blessants, chers amis « suiveurs », que cette année qui se relève donne du fruit à vos modestes ou grandes initiatives pour une vie belle, chaleureuse, attentive et paisible auprès de vos familles, amis, voisins, inconnus si proches et parfois si lointains. Cultivons, chacun à notre mesure, la fraternité autour de nous !

 


Plantation de fruitiers, un bon début….

En cette entrée en 2015, bienvenue aux pommiers Reine des Reinettes et Akane, au figuier à fruits rouges et au doux tronc gris pâle, aux quatre pieds de vigne Muscat bleu et Perdin : jeunes arbres prometteurs de fruits et de fraternité, plantés cet hiver dans le passage.

Figuier en omnibus

Figuier en omnibus

Voyages initiatiques
De premiers pommiers, tant rêvés à distance, n’auront hélas pas pu prendre place dans le fidèle caddie rouge une fois parvenu à la pépinière Châtelain. Du haut de leurs quatre mètres, il aurait fallu percer le toit du bus qui nous ramenait vers le RER de Goussainville pour Paris.
Le figuier (belle consolation) aura connu, droit comme un i, l’épreuve du RER D.
D’autres pommiers salvateurs seront enfin parvenus d’Alsace, tête et racines nues* et petit tronc à trois branches, tels des balais de sorcière.
Dans la paille, on ne trouve pas que des aiguilles, mais aussi des pieds de vigne. C’est ainsi que j’ai reçu (dans ce genre de colis que protège généralement papier bulle ou chips de polystyrène), bien empaillés, les quatre plants de vigne soigneusement sélectionnés.

 

 

Lune parisienne

Lune parisienne

 Course contre la nuit
Alors, en décembre, au retour de mon travail, dans la petite fenêtre de lumière restante s’obturant de jour en jour, d’heure et demi, en heure vingt puis quinze puis moins encore, dans la bruine nocturne, j’ai planté les arbres, presque à tâtons: un petit nid douillet et riche pour leurs racines nues, bien pralinées** de boue argileuse, bien choyées par la main humaine comme jamais elles ne le seront plus. Des pots plus profonds que larges pour les pieds de vigne et le figuier. Les caisses à orangers pour les pommiers. Et, à fleur de terre, là où respire le collet de l’arbre, cet engrais de luxe : le crottin de cheval percheron éperdument épandu.

Course contre l’obscurantisme… Retroussons-nos manches, pralinons la fraternité, comme on praline les racines nues d’un arbre fruitier.

 

Installation des nouveaux arrivants

Pourquoi des arbres fruitiers sur les pavés ?
Un jardin à Paris peut être vivrier. Ouvrir plus encore le passage-jardin à la dégustation, après l’émerveillement de la forêt de tomates sauvages en 2014, et continuer d’étonner les passants.
La maturation d’un fruit, du bourgeon, à la récolte et à la taille, rythme l’année à chacune de ses saisons. Elle suscite la curiosité, permet l’observation, invite à la patience et au respect du cycle végétal tout au long de l’année.
Une récolte peut se cueillir et se partager collectivement. C’est l’occasion de rassembler les habitants autour de temps forts et de ponctuer ainsi la vie sociale du passage. A l’image de la fête des vendanges à Montmartre, qui sait.

Fruitiers de fraternité.

Pourquoi des pommiers, des vignes, un figuier ?
En diversifiant les végétaux, on favorise aussi l’accueil d’une diversité d’insectes pour créer un écosystème robuste et le plus autonome possible.
Le pommier s’adapte à toutes les expositions, y compris l’ombre, et peut se cultiver en bac.
Deux variétés retenues pour leur maturité précoce et leur pollinisation facile. Deux pommiers plutôt qu’un seul, pour favoriser les chances de pollinisation (pollinisation croisée de fruitiers compatibles fleurissant à la même période) : le Reine des Reinettes, variété ancienne, robuste et résistante, aux pommes douces ; l’Akane pour ses pommes rouges brillantes comme celles que dessinent les enfants, et aussi acidulées, juteuses et croquantes.
Des cépages qui donneront du raisin de table. Deux variétés (Perdin et Muscat bleu) résistantes aux maladies cryptogamiques pour leur maturité précoce (1-5 septembre / 15-20 septembre) pour faire face à la diminution de l’ensoleillement à la fin de l’été dans le passage. Deux couleurs, raisin rouge et raisin blanc pour le contraste des couleurs et des goûts.
Le figuier, qui évoque et dégage, par ses fruits et ses feuilles, la chaleur du sud tout en se plaisant bien dans les cours parisiennes à toutes les expositions. Il est sobre dans ses besoins nutritifs et son entretien.

De belles pommes rouges, des figues joufflues et de lourdes grappes de raisins à partager ! On peut toujours rêver…. Patience… d’ici deux ou trois ans, peut-être ?


*Végétal en racines nues : arbre réceptionné en racines à nues, non enrobées de terre. Possible en hiver seulement, après la chute des feuilles, pendant l’état de dormance du végétal, entre novembre et mars. Favorise (après pralinage) une reprise vigoureuse au printemps et présente l’avantage d’un transport plus léger !

** Praliner : enrober les racines nues d’une préparation protectrice (boue nourricière et fertilisante) pour éviter leur dessèchement, empêcher les poches d’air entre les racines et la terre d’accueil. Cette opération favorise ainsi leur amalgame lors de la plantation et la bonne reprise du végétal lorsqu’il est planté en racines nues.

 


Poster un commentaire

L’arbre et le jardinier : influx contraires à l’entrée de l’hiver

Lilas automne

Lilas des Indes, 1er novembre.

Novembre doux, décembre rude.
Tout s’est endormi, finalement. A la faveur des nuits précoces et des courtes journées fraîches et humides.
Les feuilles des capucines se sont fripées et se recroquevillent.
Les irréductibles pieds de tomates décharnés grelotent.
Les trois poissons rouges s’immobilisent.
Les flamboyantes couleurs du lilas des Indes ont été chassées par le vent depuis longtemps.
La sève s’est retirée des feuilles, des branches et descend dans les profondeurs, vers les racines, plongeant les plantes dans un sommeil protecteur, sous le lit de paille humide qui les recouvre maintenant bien chaudement. La vie est au ralenti. Le jardin entre en silence. Et nos regards de passants le traversent, presque indifférents. Même la blogueuse s’est tue…

Tout est figé, tout est froid. Vraiment ?
Au même moment, dans un mouvement inverse, la jardinière est entrée en effervescence. Bouillonnement du sang, battement de tempes. Elle s’affaire, la jardinière, elle a des projets en tous sens :
– c’est qu’à partir de la sainte Catherine, l’arbre prend racine. Pas une saison à perdre. Cette année, c’est décidé, je vais faire entrer les arbres fruitiers au passage !
– c’est aussi que je veux dresser le sapin de Noël avec les enfants à l’occasion de ma première fête de la saint Nicolas du passage.
– c’est que les Pianos Nebout accueillent en leur atelier la signature du Dictionnaire amoureux du piano (chez Plon). Il faut apprêter le passage !
Des projets à retrouver dans les prochains posts. Le travail accompli, la blogueuse reprend la plume

jardinPatrickFontaineAV

Parcelle de Patrick Fontaine, les murs à pêches, Montreuil, 28.09.

Je crois savoir, que, là-haut à Montreuil, sur sa parcelle des jardins partagés des Murs à pêches de l’impasse Gobetue, Patrick, le paisible jardinier arboriculteur, prépare lui-aussi avec passion l’arrivée du printemps qui fera fleurir ses quatre longs murs palissés d’arbres à croquer.

 


Poster un commentaire

Le luxe à Paris…

Exclusif ! Deux matières rares et précieuses à l’honneur de la collection cosmétique organique automne-hiver 2014. Un secret à ne surtout pas dévoiler aux adeptes de MylittleParis

Fragrance fumante de cuir et d’humus, texture agglomérée en rondes légèrement friables, c’est le crottin de cheval percheron s’ébattant en prairie. Un baume nourrissant d’exception.

Fibres dorées de céréales coupées enchevêtrées, texture rêche à fort pouvoir calorifique, c’est la généreuse brassée de paille. Un tricot fermier et chaleureux pour délicates parisiennes.

Cet ensemble haute culture, un rêve sur papier glacé pour jardinière urbaine parisienne ?
Pas à Paris XVIIIè…. Ces deux matières nobles et rares sont arrivées cet automne au passage ! Les plantations seront bientôt parées d’une luisante fourrure hivernale.

Crottin et paille…. Offrandes simples et précieuses, geste libre et inattendu d’une habitante au retour de sa campagne. Le luxe, c’est cela, exactement.

Usages :
La paille permet de protéger les pieds des végétaux, pour maintenir la chaleur contre la froidure de l’hiver, limiter l’évaporation de l’eau et aussi apporter de la nourriture organique qui viendra amender la terre en se décomposant progressivement.
Le crottin de cheval (éviter celui des centres équestres, pouvant contenir des résidus de médicaments) qui a reposé quelques semaines (pour détruire les germes) est associé à la paille pour améliorer les qualités organiques de la terre. Il peut aussi être dispersé en surface à même la terre (sans lui faire toucher tronc et racines qu’il pourrait brûler) et réjouira particulièrement les plantations fruitières et les rosiers.

On regrette la disparition des calèches parisiennes….


Poster un commentaire

D’un clair obscur à l’autre

Lune - Collection R&F Feinberg

Lune – Collection R&B Feinberg

Dans la pénombre du musée Cernuschi, l’exposition « Le japon au fil des saisons » invite à la contemplation de la nature à la façon des artistes japonais, qui montrent leur grande sensibilité aux paysages naturels (animaux, végétaux), dans la représentation picturale du XIIIè.
L’atmosphère de nature est révélée par des maîtres du saisissement de l’instant fugace, dans une approche tantôt stylisée, tantôt réaliste. Un petit détail discret vient souvent saisir le spectateur, mettant en évidence la fragilité de l’instant saisi sur soie, papier ou feuilles d’or, supports délicats et précieux.
Une belle expérience aussi pour tout naturaliste cherchant à enrichir son bestiaire ou sa flore : astragale, aikiba, altéa, luffa, bouscarle chanteuse, ardisia, canna et grande pimprenelle, cerisier pleureur et rossignol bleu. La précision des scènes n’enlève rien à la poésie du regard porté par l’artiste. Telle cette empreinte indélébile de la luminosité de la lune sur un bouquet de graminées.

Jardin Clair Obscur - Parmain

Jardin Clair Obscur – Parmain

… D’un clair obscur à l’autre, visite d’un discret jardin pépinière à Parmain, le Jardin Clair Obscur, royaume des fuchsias et des sauges dans l’humidité de ce dimanche d’automne. Les parfums agrumes et presque exotiques surprennent au frottement de feuilles sans exubérance. Les petites gouttes-fleurs bleues, rouges aériennes parsèment la palette des verts de ce jardin en pente douce. Quelques-uns de ces trésors vont bientôt s’installer au passage…

Retour à Paris

Retour à Paris


 

 

 

 

 

 

Y aller ….

Le Japon au fil des saisons :
jusqu’au 11 janvier 2015 au Musée Cernuschi – 7 avenue Vélasquez Paris 8e

Jardin Clair Obscur : 6 rue des Belles Polles – 95620 Parmain. Accès facile par le RER H depuis Gare du Nord – Gare l’Isle Adam Parmain. Accueil les mercredi et samedi entre 14h et 19h30. Un petit jardin pépinière développé par deux passionnés très respectueux de l’environnement. cf. aussi leur blog.