jardiniere de passage

De l'expérience d'un jardin dans un passage de Paris.


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Le bon temps du printemps

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Renaissance

Promenade de printemps au passage…

Le bourgeon est le pinceau de son devenir.

Délicat déploiement de feuilles, origami minutieux à rebours. Qui a si savamment et finement plié, en ces minuscules bourses, le grand costume végétal qui va pousser, s’étirer, s’ébattre au grand air, le tissu encore tout fraîchement repassé ?

Les feuilles de charme (Carpinus) ouvrent leurs ailes comme de jeunes oiseaux qui s’exercent au vol. Il leur faudra attendre l’automne.

Le bourgeon apical des deux petits marronniers (Aesculus hippocastanum), fils d’une araignée ? D’abord pris dans sa gaze de nouveau-né comme une camisole de fils de soie, il est ainsi gardé bien entier jusqu’au moment de son émancipation. C’est en ombrelle qu’il s’ouvre alors.

En avril, la consoude (Symphitum) déploie tous ses charmes, comme pour attirer l’attention et dire quelque chose. Consoude bleue, consoude rose : avril donne le ton. Grappes de petites corolles fixées sous leur feuille, en boucles d’oreilles à croquer. Couleur fruit des bois. Framboise, virant bleu puis blanc. Myrtille, virant framboise. Bleu, blanc, rose. La consoude, de ses couleurs patriotiques, lance peut-être un appel : elle invite à la consolidation des fractures, qu’elle a le pouvoir d’accélérer. Le corps social a aussi le droit d’être pansé. Un bourdon ne demande pas son reste et vient téter le nectar.

La discrète jacinthe des bois (Hyacinthoide non-scripta) bleu mauve découvre craintivement un œil après l’autre sur le monde, puis un autre et encore un autre. Elle prend doucement de la hauteur et vient chercher, avec la souplesse d’un chat, l’affection de la fine branche souple de l’érable du japon (Acer palmatum) à la ramure rose et au plumage vert frais. Ils vont bien ensemble. Cela va-t-il durer ?

Au printemps, le vert est marqueur du temps qui passe. Au début du printemps, sur la ligne de vie d’un végétal au feuillage persistant, le passé et le présent avançant se donnent à voir ensemble, en un même moment. Ainsi, sur le lierre (Hedera) : en arrière-plan des feuilles aînées vert sombre de l’année écoulée viennent des feuilles fraiches et brillantes. Le vert s’exhale dans une incroyable gamme chromatique. C’est ainsi que j’ai commencé à apprécier les végétaux persistants, qui ne sont pas que le fond immobile d’un décor.

Tant de nuances de vert…les formes, les tons, les textures associées multiplient encore le champ infini de ses nuances.

A la fin de l’hiver, des créatures de la forêt ont rejoint les zones ombrées du passage. Elles se terraient jusque là. A la faveur du printemps, dans un fragile numéro de funambule, elles ont montré discrètement leur drôle de chapeau, les  fleurs des elfes (Epimedium). Ce seront elles qui porteront désormais le mystère des malices inexpliquées dans le jardin du passage.

 

 


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Des provisions de vie nouvelle

Provisions de vie nouvelle

Provisions de vie nouvelle

Il est de ces dimanches d’hiver
Où l’hirondelle jardinière qui aspire à toujours mettre le bec dehors
N’a pas l’énergie de déployer ses ailes.

Tout au fond de mon logis, à la chaleur d’une bougie, autour d’un pot de miel et d’une tisane fumante de thym sauvage, j’ouvre mon coffre à trésors et je rassemble mes provisions glanées l’an écoulé au fil de mes balades aux champs ou à la ville. Des provisions de vie nouvelle à offrir au jardin.

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Grand déballage des trésors

Des enveloppes bien disparates et souvent improvisées pour conserver mes récoltes : des bocaux transparents, vide-poches d’après la marche, un sac congélation noué, un gant de plastique aux cinq doigts bien g(r)ainés. Une enveloppe façonnée en origami, une feuille de carnet envolée aux rebords vivement repliés, des morceaux de Monde froissés. Des pliages somme toute pas très académiques, mais il faut que tout converge et roule vers un centre, vers un creux qui conserve les pépites de vie dormante. Alors que les plantes développent de véritables coffres-forts éphémères pour protéger leur embryon de vie, mes téguments* n’ont rien de bien protecteur…

Je déploie délicatement les pochettes-surprises : des poussières de fleurs séchées, un amas de billes, des capsules spatiales sans pétales. Des graines à y reconnaître, images sans étiquettes. On fait un peu trop confiance à la mémoire…

A défaut d’être ordonnée, il va me falloir laisser parler l’imprimé de l’emballage, sortir une loupe et convoquer les souvenirs de mes promenades.
Le Monde, 2 mai 2015, « la crise de la citoyenneté est encore plus grave que celle de l’euro » : les pétales dépigmentés du bleuet (Centaurée des champs) gisent en couronne sur le tableau d’une Europe étoilée elle aussi bien délavée. Ses minuscules graines sont-elles encore viables ?
Tract, visite de jardin et troc de plantes, 6 juin, sentier des jasmins, fond de l’impasse, Montreuil : comme des hottes remplies de petits berlingots noirs un peu trop râpeux pour la langue, les capsules figées de la nielle des blés (Agrostemma githago), messicole** raréfiée, contiennent en elles tout ce beau jardin privé mais partageur de Montreuil qui fait porte ouverte tous les ans.
Le Monde, 29 septembre 2015, « la diesélisation du parc automobile européen » : le concombre sauvage (Echinocystis lobata) bien protégé dans sa baudruche survivra-t-il aux particules du diesel ?
Le Monde, sans date : «le regard rock d’Anton Corbijn » saura-t-il casser le mystère des petits cailloux de graines noires non identifiées ?
Le Monde, sans date : « Mon père testait sur moi des livres comme Les Trois Brigands, de Tomi Ungerer, ou Max et les Maximonstres, de Maurice Sendak. J’ai été le premier lecteur de ces albums ». Entre les graines-cils épais des cosmos sulfureux (Cosmos sulphureus) dignes de Betty Boop, je jette un œil curieux sur le portrait de Louis Delas, directeur de la maison d’édition jeunesse de l’Ecole de Loisirs.
Tiens… une seule petite enveloppe soigneusement pliée par une main organisée, étiquète du mois de juillet 2015 mes grains de mufliers jaunes du lumineux bouquet de plein champ acheté sur le marché bio des Batignolles… Je reconnais le réflexe rigoureux d’Amélie pour la conservation des graines (une qualité pour notre première pépinière de quartier de Pépins production qui a bien germé et sur laquelle je reviendrai).

Au fond de leurs contenants transparents, les autres trésors me parlent bien :
Les nigelles Melunaises s’ébattent au milieu du matelas de paillettes végétales de leurs défuntes mères porteuses. On pourrait aussi bien croire que des souris y ont soulagé leur séant. Ces graines noires aromatiques sont reconnues au Maroc pour leurs vertus respiratoires. A humer dans un mouchoir sans modération.
Les soucis jaune citron (Calendula) récoltés sous le ciel sombre et humide d’une rue d’Ault sont recroquevillés comme des petits hérissons endormis… Du souci, on se crèmera volontiers le visage, sans risquer rides et crevasses : le baume est réalisé à partir des pétales et non des graines.
Depuis les prairies chlorophylles et iodées dominant la mer, les petits fruits épineux de la carotte sauvage (Daucus carotta) bien serrés entre les baleines de son ombelle n’ont pas eu le temps de s’agripper sur la toison des animaux.
La gaine de la berce commune (Heracleum sphondylium), mellifère blanche brodant le bord des routes n’est pas agressive : sa capsule de papier se laisse doucement bercer par le vent pour se poser plus loin. Mais, gare… une trop longue caresse à la belle plante à maturité pourrait bien se transformer en brûlure.

 

Autant de plantes, autant de créativité dans les formes et les textures de ces graines bijoux qui ont inspiré les artistes du biomorphisme : cil, capsule de papier, hérisson, baudruche, gousse épineuse. Une créativité qui n’est pas seulement belle et étonnante et harmonieuse pour elle-même, mais qui porte une fonction essentielle, celle d’assurer la survie de la plante et sa dissémination pour faciliter son transport naturel par l’eau, le vent, les animaux. Et quand l’homme s’en mêle, ça marche aussi ?

Tout au fond de mon logis, à la chaleur de la bougie presque éteinte, je referme précieusement mes sachets de vie glanée. Demain il sera temps de disperser les trésors de l’année passée dans la terre du jardin pour les offrir à son devenir. Alors je me ferai laine du mouton, souffle du vent ou de la vache, goutte de pluie, patte d’oiseau, pour donner toute sa chance à la vie végétale. On verra bien ce qui va pousser, on verra bien ce que sera demain.

Et pour ceux que souci, nielle des prés, vipérine, berce commune, carotte sauvage, nigelle, phacélie ne disent trop rien, patience : ne cédez pas à la tentation de la connaissance immédiate, espérez comme moi ce que la graine va révéler. Je promets de vous le conter.

 

 

 

*tégument : du latin tegumentum, ce qui enveloppe, ce qui couvre. Tissu qui enveloppe la graine.
** messicole : étymologiquement, plante habitant les moissons.


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Poissons d’avril

marronnier au couchant, avril 2015

 

 

 

 

 

Le soleil avait brûlé fort pour un jour d’avril, ce jeudi-là.

 

La jeune clématite, assoiffée, à bout de force, cherchait un ultime soutien avant de lâcher prise.
Le figuier, en homme du sud, était vraiment dans son élément.
La vigne avait fait sa première grande poussée juvénile.
Le lilas des Indes, donné pour mort par tant de passants, prouvait radicalement, par ses jeunes bois de cervidé, qu’il était, une année de plus, très en vie.
Les pommiers déroulaient leurs premières feuilles duveteuses.
Les tulipes doubles hâtives s’étaient outrageusement étalées au soleil, elles n’avaient plus rien à cacher. Rien à voir avec la Fille d’avril de Laurent Voulzy.
L’oranger du Mexique luttait de tout son parfum floral contre les vapeurs de la ville.
Soudain retentit le hennissement du plus jeune des marronniers.
A ses pieds, dans le vieux paquebot rouillé, deux des trois poissons viennent de rendre l’âme. Natures mortes au rouge laqué, flamboyantes comme jamais. Magnifique estampe japonaise.
Ne pouvant soutenir la scène, une de ces tulipes exubérantes se voile les yeux. Une grande sensible finalement.
Dans un hommage mélancolique, les pétales lilas de sa cousine se muent en larges nageoires aux nervures irisées.
Moi je rentre de la ville et je découvre le spectacle des poissons flottants tandis que des habitants qui veillaient discrètement sur eux pendant la froidure de l’hiver, viennent, désolés, un à un à ma rencontre…
Le Ginkgo biloba déploie en réponse sa sagesse et sa sérénité de plus vieil arbre du monde, en un jet de feuilles.
Le soleil s’est enfin couché sous les deux marronniers. Et les poissons aussi…

 

 

 

 


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« Natures vivantes » au passage, équinoxe de printemps 2015

Mue du weigela, mars 2015

Mue du weigela, mars 2015

On y est presque… demain c’est l’printemps !
C’est astronomique, cette vie qui reprend immuablement le dessus* ! Le retour de la vie, c’est la mise en mouvement à l’oeil nu, c’est l’entrée en couleurs. Jaune, vert, mauve, blanc sont les lumières du printemps. Dans le passage, parmi les congénères végétales, il y a des signes et scènes de vie qui ne trompent pas…

A l’entrée, un jeune fuchsia, courte tige avec déjà trois feuilles fraiches en toupet et une fleur en préparation, monte la garde, bon gré mal gré, devant le robinet d’arrivée du gaz. Le gamin préfèrerait jouer avec l’akebia quinata qui s’apprête à expulser, en ses nœuds, un jeu de billes. Le figuier, du fond du passage, pointe en ce moment ses flèches néolithiques. Il aurait bien pris sa place.

Les clématites, qui faisaient les mortes sur la grille bleue, ont sorti leurs premiers atours, entre les griffes des rosiers. Ces derniers ont été bien rafraîchis par une coupe de fin d’hiver, façon Bagatelle**. A deux pas, une bande de moucherons s’agglutine sur une jeune feuille de rosier, précoce et tendre… Autre gourmand, le bourgeon apical du marronnier, arbrisseau pas plus haut qu’un bâton de glace, a le bec tout barbouillé de sirop. Pourtant tout est calme du côté des trois poissons rouges bonbons acidulés qui répondent tous présents dans leur paquebot rouillé sortant de l’hiver.

De tous petits cônes bleutés, tels une forêt de petits sapins vus d’avion, surgissent du sol parmi leurs feuilles ficelles : ciel, des muscaris oubliés ! Un délicat crocus mauve solitaire dévoile très pudiquement ses fines perles orangées. Mais il se froisse à la moindre contrariété climatique. Ce n’est pas le genre des ficaires et de la primevère commune jaune pâle, plus rustique avec ses feuilles bien gaufrées. Les narcisses se prennent rien moins que pour le soleil, abusant largement de son absence. Les jonquilles, en boutons vert amande, sont moins fières : encore estourbies de leur expulsion des profondeurs, certaines restent chapeautées tantôt d’une feuille morte, tantôt d’un brin de paille, leur ultime opercule. Non loin, drôles de boutons que ces bouchons de liège juchés sur tige de bois. Un leurre, une fantaisie de bistrotière, un « truc » de jardinière, une stratégie dissuasive ? A votre avis ? Ces intrus font beaucoup jaser…

Le redoux en émoustille déjà quelques-uns. Le jasmin, gaillard, flirte avec ce qu’il croit être une cousine lointaine (une ferronnerie verte en fait, pas bien tendre). Un bourgeon d’hortensia joue l’exhibitionniste derrière le parking à vélo. Le grand acer élancé, se parant pour la fête du printemps, a verni le bout de ses ongles, qui vont toujours par deux. Pas besoin d’artifices pour son petit frère, qui nous a gratifié tout l’hiver de son bois naturellement rouge, en gerbes de feu.

Le weigela fait sa mue, abandonnant ses feuilles tannées par l’année écoulée, pour de frais habits en cascade. Persil et sarriette ont développé un gras manteau vert en plein hiver. Même pas besoin de paille sur le dos. La monnaie du pape (en fleur en janvier) est sur la paille, elle : elle a été allégée de trois graines par un visiteur pointilleux… sous l’indifférence générale des pieds de vigne, des deux pommiers, et du lilas des indes qui dorment encore profondément.

Entre tous, parmi cette cours, l’hellébore blanche est bien, encore à ce jour, la reine de l’hiver. Les perce-neige, eux, s’envolent à tire-d’aile après avoir déposé un baiser sur les lèvres duveteuses de l’hamamélis, nouvel arrivant automnal. Va-t-il se réveiller ?

Venez donc voir le 28 mars : plantes et habitants du passage, on fêtera ensemble (à une semaine près) l’arrivée du printemps !

D’ici là, poursuivez la poésie du printemps en écoutant la jolie carte blanche de Jean Teulé ce jeudi 19 mars 2015 dans la matinale de France inter

 

*Astronomique… tant que l’on préserve les équilibres climatiques pour que le printemps ne débarque pas en plein hiver.
** Coupe à la mode Bagatelle : votre jardinière a suivi cet hiver une formation de taille des rosiers par l’Ecole du Breuil dans la roseraie de Bagatelle. Chic !

 

 


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En ce début 2015, soyons fruitiers de fraternité !

Cultiver la fraternité…

2014 se couchant sur Paris, depuis Caulaincourt.

2014 se couchant sur Paris, depuis Caulaincourt.

 En ces commencements blessants, chers amis « suiveurs », que cette année qui se relève donne du fruit à vos modestes ou grandes initiatives pour une vie belle, chaleureuse, attentive et paisible auprès de vos familles, amis, voisins, inconnus si proches et parfois si lointains. Cultivons, chacun à notre mesure, la fraternité autour de nous !

 


Plantation de fruitiers, un bon début….

En cette entrée en 2015, bienvenue aux pommiers Reine des Reinettes et Akane, au figuier à fruits rouges et au doux tronc gris pâle, aux quatre pieds de vigne Muscat bleu et Perdin : jeunes arbres prometteurs de fruits et de fraternité, plantés cet hiver dans le passage.

Figuier en omnibus

Figuier en omnibus

Voyages initiatiques
De premiers pommiers, tant rêvés à distance, n’auront hélas pas pu prendre place dans le fidèle caddie rouge une fois parvenu à la pépinière Châtelain. Du haut de leurs quatre mètres, il aurait fallu percer le toit du bus qui nous ramenait vers le RER de Goussainville pour Paris.
Le figuier (belle consolation) aura connu, droit comme un i, l’épreuve du RER D.
D’autres pommiers salvateurs seront enfin parvenus d’Alsace, tête et racines nues* et petit tronc à trois branches, tels des balais de sorcière.
Dans la paille, on ne trouve pas que des aiguilles, mais aussi des pieds de vigne. C’est ainsi que j’ai reçu (dans ce genre de colis que protège généralement papier bulle ou chips de polystyrène), bien empaillés, les quatre plants de vigne soigneusement sélectionnés.

 

 

Lune parisienne

Lune parisienne

 Course contre la nuit
Alors, en décembre, au retour de mon travail, dans la petite fenêtre de lumière restante s’obturant de jour en jour, d’heure et demi, en heure vingt puis quinze puis moins encore, dans la bruine nocturne, j’ai planté les arbres, presque à tâtons: un petit nid douillet et riche pour leurs racines nues, bien pralinées** de boue argileuse, bien choyées par la main humaine comme jamais elles ne le seront plus. Des pots plus profonds que larges pour les pieds de vigne et le figuier. Les caisses à orangers pour les pommiers. Et, à fleur de terre, là où respire le collet de l’arbre, cet engrais de luxe : le crottin de cheval percheron éperdument épandu.

Course contre l’obscurantisme… Retroussons-nos manches, pralinons la fraternité, comme on praline les racines nues d’un arbre fruitier.

 

Installation des nouveaux arrivants

Pourquoi des arbres fruitiers sur les pavés ?
Un jardin à Paris peut être vivrier. Ouvrir plus encore le passage-jardin à la dégustation, après l’émerveillement de la forêt de tomates sauvages en 2014, et continuer d’étonner les passants.
La maturation d’un fruit, du bourgeon, à la récolte et à la taille, rythme l’année à chacune de ses saisons. Elle suscite la curiosité, permet l’observation, invite à la patience et au respect du cycle végétal tout au long de l’année.
Une récolte peut se cueillir et se partager collectivement. C’est l’occasion de rassembler les habitants autour de temps forts et de ponctuer ainsi la vie sociale du passage. A l’image de la fête des vendanges à Montmartre, qui sait.

Fruitiers de fraternité.

Pourquoi des pommiers, des vignes, un figuier ?
En diversifiant les végétaux, on favorise aussi l’accueil d’une diversité d’insectes pour créer un écosystème robuste et le plus autonome possible.
Le pommier s’adapte à toutes les expositions, y compris l’ombre, et peut se cultiver en bac.
Deux variétés retenues pour leur maturité précoce et leur pollinisation facile. Deux pommiers plutôt qu’un seul, pour favoriser les chances de pollinisation (pollinisation croisée de fruitiers compatibles fleurissant à la même période) : le Reine des Reinettes, variété ancienne, robuste et résistante, aux pommes douces ; l’Akane pour ses pommes rouges brillantes comme celles que dessinent les enfants, et aussi acidulées, juteuses et croquantes.
Des cépages qui donneront du raisin de table. Deux variétés (Perdin et Muscat bleu) résistantes aux maladies cryptogamiques pour leur maturité précoce (1-5 septembre / 15-20 septembre) pour faire face à la diminution de l’ensoleillement à la fin de l’été dans le passage. Deux couleurs, raisin rouge et raisin blanc pour le contraste des couleurs et des goûts.
Le figuier, qui évoque et dégage, par ses fruits et ses feuilles, la chaleur du sud tout en se plaisant bien dans les cours parisiennes à toutes les expositions. Il est sobre dans ses besoins nutritifs et son entretien.

De belles pommes rouges, des figues joufflues et de lourdes grappes de raisins à partager ! On peut toujours rêver…. Patience… d’ici deux ou trois ans, peut-être ?


*Végétal en racines nues : arbre réceptionné en racines à nues, non enrobées de terre. Possible en hiver seulement, après la chute des feuilles, pendant l’état de dormance du végétal, entre novembre et mars. Favorise (après pralinage) une reprise vigoureuse au printemps et présente l’avantage d’un transport plus léger !

** Praliner : enrober les racines nues d’une préparation protectrice (boue nourricière et fertilisante) pour éviter leur dessèchement, empêcher les poches d’air entre les racines et la terre d’accueil. Cette opération favorise ainsi leur amalgame lors de la plantation et la bonne reprise du végétal lorsqu’il est planté en racines nues.

 


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Inventaire botanique printemps 2014

Mes grandes manœuvres printanières….

Le jardin est entre mes mains depuis la fin de l’automne. Je ne veux pas perdre une seconde, autrement dit : à l’échelle du cycle végétal, je ne veux pas perdre un printemps ! Et je découvre comme le jardinier ressent vivement l’urgence du temps….

Mois d’hiver : repos physique du jardinier, temps d’une autre exploration. Navigation dans des livres, des revues, sur la grande toile.

Avril : on ne se découvre pas d’un fil, mais on met son nez dehors… rencontres avec des professionnels ou amateurs des jardins, dans des foires emblématiques de plantes du printemps ou lors de rencontres de quartier. Je fabrique ma petite trame verte (j’y reviendrai) et j’enrichis considérablement mon vocabulaire botanique.

Mai bouchées doubles ! C’est le mois des grandes plantations. Il fallait rattraper le temps perdu à attendre, depuis l’automne, la venue du pépiniériste de départ avec les plantes structurantes complémentaires ou remplaçantes après l’extinction prématurée de certains végétaux. J’attendais avec impatience ces plantes pour compléter les bacs avec graines, petits plants, glanés au fil de mes découvertes.

Juin est marqué par la participation et l’intérêt croissant des habitants du passage qui s’investissent de plus en plus en m’apportant pots, boutures, graines. La jardinière et les habitants se sont apprivoisés. A noter, la construction d’un bac potager en palette recyclée avec des habitants et l’arrivée très attendue de la glycine de chine « blue sapphire ».

Voici le catalogue printanier des plantes installées au printemps (entre acquisitions et dons ou boutures) : Objectif diversité !
Cf. mon projet pour le Jardin
qui présente l’esprit de mon approche

Acquisitions

Avril 2014 :
Impatiens nouvelle Guinée (6)
Fuschia Alice Hoffman (1)
Ciboulette AB (1)
Sariette commune (1)
Anémone pulsatile (1)
Pervenche mineure (1)
Campanule (1)
Euphorbe (1)
Heuchère (2)
Camomille dorée ou Tanacetum parthenium aureum (1)
Hélichrysum italicum (1)

Mai 2014
Farfugium japonicum (1)
Corydalis omeiensis (2)
Aster divaricatus (2)
Strobilanthes attenuata subsp nepalensis (1)
Fatsia japonica spider web (1)
Pieris Forest Flame (1)
Clématis integrafolia blue ribbon (1)
Thalictrum delavayi Ankum (1)
Thalictrum superbe (1)
Thalictrum splendide white (1)
Fougère Dryopteris erythrosa (1)
Fougère Dryopteris filix-mas cristata the king (1)
Choisia Ternata Sundance (3)
Romarinus officinalis prostratus (1)
Laurier tin (1)
Millepertuis magical beauty (1)
Millepertuis magical sunshine (1)
Céanothe thyrsiflorus (1)
Palmier chanvre Thrachicarpus fortunei (1)
Glycine floribunda blanche (1)
Capillaire du Canada (1) Adiantum ped. Imbricatum
Mara des bois (6)
Fraisier grimpant (1)
Pied de rhubarbe (1)
Capucine géante (1 sachet graines)
Lavande officinale (1)
Groseiller John Coeur Van (1)
Framboisier héritage (1)
Mûre des jardins Smoothsten (1)
Tomate cerises poire jaune (1)
Tomate cerises rouge (1)
Tomate noire de Crimée (1)
Tomate green zébra (1)
Oseille vivace (1)
Lobelia bleu (1)
Euphorbe Diamond Frost (1)

Juin 2014 :
Wisteria sinensis ‘Blue Sapphire’

Boutures, dons, trocs  :

Avril 2014
Muguet (prélèvement jardin Melun)
Jonquilles (prélèvement jardin Melun)
3 marrons germant (ramassés dans le jardin du château de Fontainebleau).
Bugle terrestre.

Mai 2014
Jasmin
Grenadier nain
Cerfeuil musqué
Coloquintes ou courges (4 plants)
Epervières orangées (plant)
Angélique
Lamier jaune panaché – Lamium galeobdolon (prélèvement jardin du Tréport)
Menthe (prélèvement jardin de Melun)
Mélisse (prélèvement jardin de Pontault Combault)
Lierre
Eupatoire chocolaté (troc des plantes 2014 jardin privé Du côté des Roches brunes, sentier des jasmins, Montreuil)
Consoude (troc des plantes Montreuil 2014 jardin privé sentier des jasmins)
Oxalis (collection d’un habitant du passage)
Tubercule de Dahlia (collection d’un habitant du passage)
Sedums : joubardes…. (collection d’un habitant du passage)
Menthe poivrée
Lavande papillon Lavandula stoechas
Hélichrysum italicum (1)


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Inventaire botanique automne 2013

Mes premières plantations (fin novembre, début décembre) avant la venue prévisionnelle des grands froids :

Apporter de la lumière au cœur de l’hiver avec l’éparpillement de pensées jaunes, oranges, blanches… Préparer l’étonnement du printemps par l’enfouissement de bulbes qui surgiront de la terre par surprise. Bienfaisante hibernation de la mémoire dans la dormance de l’hiver pour un émerveillement printanier garanti  !

 

120 pensées
Anémones Blanda Blue Shade
Anémones japonaises Charme de Septembre
Erythronium Tuol.Pagoda ou Lis des Bois
Primevère Veris
Crocus Botaniques
Ornithogalum nutans
Bulbes de tulipes botaniques
Heuchères