jardiniere de passage

De l'expérience d'un jardin dans un passage de Paris.


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Pépins production fait ses portes ouvertes ce we !

A l’occasion de l’arrivée du printemps, c’est la première fête de l’agriculture urbaine à Paris ce week-end. 48 heures organisées par la ville de Paris avec l’agence La Sauge pour découvrir et participer aux initiatives qui « lèvent » pour un Paris plus vert. Parmi ces initiatives, les deux premières pépinières de quartier de Pépins production (auxquelles je participe) se font mieux connaître en faisant leurs portes ouvertes !

Rendez-nous visite :
– Samedi 19 sur le site Les Grands Voisins, à l’ancien Hôpital St Vincent de Paul, Paris 14è : inauguration de la nouvelle pépinière // M (4) / (6) Denfert Rochereau
– Dimanche 20 à La Cabane Fleury, Square Emmanuel Fleury, 40 rue Le Vau, Paris 20è : accueil sur la pépinière-serre Fleury sortie de terre cet hiver, ateliers… // M (3)  Porte de Bagnolet / M (3 Bis) / (11) Porte des Lilas / T (3b) Adrienne Bolland M (4)

C’est quoi une pépinière de quartier ?  16-03-15 PP

 

Ci-dessous, voilà l’programme du we !

Pepins@48h


Et suivez-nous sur :
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http://www.pepinsproduction.fr/

 


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Les jardinières dans la rue !

Ce week-end, tandis qu’un essaim de jardiniers passionnés bourdonnait aux Journées des plantes de Courson à Chantilly, la première édition de « Descends ta jardinière » faisait son événement à Paris, dans le passage…

Samedi, un copieux étal de jeunes pousses en godets (aromatiques, petits fruits et fleurs compagnes en devenir) s’étirait entre l’olivier et le lilas des indes. Amélie la semeuse de Pépins production et moi la Jardinière de passage, fin prêtes, on tournait autour de notre étal comme deux maraîchères sur un petit marché de pays, sauf qu’on était en plein Paris. Camomille, tomates, fenouil, soucis, cerfeuil, coriandre… Le passage-jardin, tout en textures aux infinies nuances de verts, prenait un air de grand mesclun frais à croquer.

Notre association Pépins production s’apprêtait à disperser à discrétion auprès des habitants du passage désireux de verdure à leurs fenêtres, sa première production de semis bio élevés à Paris. Mais on ne sèmerait pas aux quatre vents, on accompagnerait. Le principe de « Descends ta jardinière » est de faciliter le jardinage en ville à partir de plants produits localement en apportant une pédagogie jardinière simple et en stimulant la convivialité.

Et elles ont osé dévaler les étages, les jardinières. A la fois filles et boîtes, toutes différentes, elles ont investi les pavés du passage. Fille vernis à ongles et robe mousseline, filles jean basket, jeunes adolescentes… Boîtes délavées à égailler, boîtes tristes au ventre de terre sans vie, pots ronds, ovales, de terre ou en zinc. C’est qu’elles avaient patiemment attendu ce 16 mai, ces jardinières-là, et qu’elles avaient résisté, dans le printemps bien installé, aux tentations de plants souvent trop poussés des jardineries. Elles vinrent chercher de l’aide, des idées, des conseils, des pousses vertes et surtout de l’élan. Certaines avaient apporté à planter leurs trésors déjà fleuris. Arrivèrent des garçons généreux qui aiment bien aussi les belles plantes, avec des bulbes d’oxalis, des semis d’œillets d’inde, des marguerites à donner.

Grâce à une logistique offerte à tous avec le soutien du passage, le terreau bio à gogo, un tuyau d’arrosage, une petite pelle (un peu seule), jardiner ensemble dehors, ça devenait simple, facile et sympa, d’autant que sur les pavés plus que sur le parquet, les débordements de terre étaient autorisés. De la terre jusqu’aux coudes, dans une joyeuse ambiance animée, chacun(e) y alla de sa création, de ses associations tomate – souci, agastache anisée – piment…

 

jardiniers des villes_AVDescends ta jardinière – printemps 2015 se révéla un atelier de jardinage à ciel ouvert que chacun s’appropria à sa façon, comme un service libre : à son idée ou sans aucune idée, avec savoir-faire ou se laissant guider, avec ses propres trouvailles ou s’ouvrant à l’inconnu de petites feuilles velues ou découpées. Pour les néophytes, il fallait avoir de l’imagination pour rêver ces plantules en puissance.

Et puis elles se sont envolées, les jardinières, parties dans les étages rejoindre leur perchoir. Vu d’en bas, ça en faisait du beau monde, au balcon… Prochaine « descente de jardinière », à l’automne prochain !

Jardiniere_AV

 

« … Par les couleurs
Les accords, les parfums
Changer le vieux monde
Pour faire un jardin
Tu verras,
Tu verras,
Le pouvoir des fleurs
Y a une idée pop dans l’air. »

Extrait de : Le pouvoir des fleurs, Laurent Voulzy.


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Le jour des boulettes

Ce samedi, j’avais convié petits et grands du passage à leur/mon premier atelier de jardinage. A cette occasion, enfants de trois ou huit ans, jeunes parents et collégiens enchaînèrent les boulettes. Mais cela ne prêta pas à mauvaises conséquences, bien au contraire…

boulettes graines AVCar voici la recette des boulettes… de graines*
Ingrédients : argile, terreau, graines.
Fabrication : on commence à façonner une petite boule d’argile dans le creux de sa main. On incorpore ensuite à la perle ocre un peu de terreau (deux tiers/un tiers). Puis on ouvre la boule avec le doigt pour offrir à la graine un petit nid. On referme le tout. On peut ensuite la poser ou la lancer pour atteindre des lieux inaccessibles.

Dispersion de graines de plantes mellifères
On a commencé par reconnaitre et récolter tous ensemble les graines de la belle rose trémière rouge (venue de l’ïle de Ré), qui avait tant brillé cette année : au printemps, elle était montée, montée vers le ciel, développant des grappes de boutons. Le lundi de pentecôte, le rouge nous était enfin apparu. Mes fournisseurs, habitants du passage, m’avaient rapporté de leurs vacances d’autres couleurs de trémières. Ces malvacées, riches en pollen et en nectar, attirent les insectes. Voilà une graine à boulette !
On malaxait tous de bon coeur, mains noircies malgré les premières réticences. Chacun put choisir ses petits présents dans la palette des semences jaune, fuchsia, rose, blanc rosé, mauve, rouge. On obtint une belle pyramide de boulettes. Au top départ, comme une envolée de moineaux, chaque semeur s’enfuit déposer son petit secret dans une aspérité de pierre, un petit creux de terre. La graine, lovée dans sa coque de protection nutritive, se décidera-t-elle à germer ? Fera-t-elle amalgame avec son terrain d’accueil ? Révélation des Kinder surprises multicolores au printemps prochain !

*La boule de graines s’inspire d’une idée lancée par le mouvement dit de « guérilla jardinière », qui désigne un mouvement de réappropriation d’espaces délaissés au profit d’une émergence végétale. Elle est dénommée « bombe à graines ». Moi je préfère dire boule, pour la douceur et la poésie de la démarche plutôt que son évocation militante plus radicale. Mais l’effet reste le même: favoriser le retour de la nature dans nos villes, pour les oiseaux, les insectes, mais aussi le plaisir de nos yeux.