jardiniere de passage

De l'expérience d'un jardin dans un passage de Paris.


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Comment pratiquer naturellement la permaculture et éclore dans les pages d’un livre…

Un précieux ouvrage pratique et sans prétention vient de sortir : Le guide de la permaculture urbaine – Balcon, cour, appartement, jardin… par Carine Mayo chez Terre Vivante, 14/04/2017. Retrouvez-y votre jardinière de passage à partir de la p.84!

ConseilExpert_BRF

Curieuse de la poussée de la permaculture dans le monde de la culture jardinière des néo-ruraux, j’ai effectué un jour un stage d’initiation, et j’en suis repartie fort perplexe : ce que l’on appelait permaculture, j’en pratiquais l’esprit dès le commencement !

Dès le début, mon approche du jardin pour le passage serait le reflet de ma manière d’être au monde. Voici ce que j’écrivais en 2014 :

Je voyais bien le sens que je voulais donner au jardin. Il intègrerait ma sensibilité à la nature sauvage et aux approches écologiques tout en tenant compte de l’idée commune d’un jardin. Il représenterait aussi ma manière d’être au monde, ma manière de jardiner modestement la société au quotidien sur les lieux où je passe. Une apprentie jardinière qui s’efforce de cultiver en douceur le terrain pour le respect de l’homme et de son environnement : curieuse de la diversité, sensible à l’authenticité, ouverte à l’expression de chacun et patiente pour l’enracinement. Jardinière de passage…. Une expérience de vie globale. »

Depuis, cette approche se poursuit dans le jardin du passage et, au delà, dans l’association Pépins production, qui accompagne de manière responsable et circulaire le processus de végétalisation en ville, en installant des pépinières de quartier dans paris pour produire des jeunes plants rustiques et diversifiés en y associant les habitants.

La permaculture, de la définition à la pratique….

« Inventé par deux australiens, Bill Mollison et David Holmgren, dans les années 1970 (…), la permaculture n’est pas un ensemble de techniques, mais une manière d’appréhender le monde qui peut s’appliquer à de nombreux domaines. Cette démarche repose sur une éthique composée de trois piliers : prendre soin de la terre, prendre soin des humains, partager équitablement les ressources et les récoltes » In Le guide de la permaculture urbaine – Balcon, cour, appartement, jardin…, paru chez Terre Vivante, avril 217. Dans cet ouvrage, Carine Mayo rassemble avec simplicité et esprit pratique, les initiatives en ville qui marchent parce qu’elles intègrent à la fois l’envie d’adopter un mode de vie plus écologique, de manger des produits sains et d’embellir son quotidien et de tisser du lien avec son entourage. Le récit des expériences et le carnet pratique mettent à l’aise : ils fourmillent d’exemples et de conseils pour donner à chacun l’envie de s’essayer.

De mon point de vue, jardiner en permaculture, au-delà des conseils pratiques, c’est : convoquer son bon sens, les souvenirs du jardin de son enfance ou le récit des grands-parents, l’observation de la nature, la rencontre avec d’autres expériences jardinières, tout cela dans une sobriété respectueuse de l’environnement. Sans compter que jardiner en permaculture, c’est aussi être à l’écoute des pratiques d’antan. Des pratiques mises au rebut par l’agriculture intensive des années 1960, alors boostée par l’engouement pour les substituts chimiques. La permaculture n’invente rien. Elle invite à se reconnecter avec les pratiques d’hier qui se revisitent avec les connaissances scientifiques d’aujourd’hui, dans une économie de moyens qui intègre une vision globale des différents éléments du jardin et de son environnement. 
Enfin, jardiner en permaculture, ce n’est pas plaquer des techniques dites de permaculture (lasagnes, buttes, culture à la verticale…), mais bien créer les conditions d’un foisonnement de vie végétale à partir des caractéristiques de son propre terrain (balcon, jardin d’ombre ou de terre pauvre, etc…).

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Jardin du passage, avril 2017

…Bientôt, des nouvelles du jardin du passage !


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Jardinière hors mes murs…

Jardin en construction : les jeunes pousses de pépins prod à la conquête de Paris

Jardin en construction

… Cet été, votre jardinière a pris de la hauteur.

Je suis sortie un temps du cadre du long passage, couloir pavé ceint de ses immeubles. J’ai laissé sur le seuil mes deux arrosoirs et la pelote de tuyau qu’il a fallu si souvent démêler cet été. J’ai pris la ligne 1 du métro parisien, j’ai sauté dans l’ascenseur et au 6è, j’ai vu l’horizon ! Sur la belle terrasse minérale de Géraldine et Baptiste, dans le soleil du soir, nous avons jardiné.

Trois mois que nous réfléchissions ensemble à l’aménagement d’un jardin sur leur terrasse minérale, avec les contraintes de l’altitude, de l’exposition au soleil et aux vents. J’apportais à Géraldine et Baptiste ma petite expérience, mes observations de jardinière ainsi qu’une source pure et fraîche d’approvisionnement : les plants parisiens et bio de Pépins production.

Façonner une âme à la terrasse-jardin, avec des objets ou des plantes qui auraient eu d’autres vies, avec des jeunes plantes qui auraient du sens. Tout ne viendrait pas tout de suite. Plus ça allait, plus on planterait son temps.

La chaleur de juillet était accablante. L’enfant de Géraldine et Baptiste vint au monde. Trois jours plus tard, la canicule nous laissa deux jours de répit, il était temps de planter. Planter ? En plein été ?

Bambou adopte_AV

Bambou adopté

Chèvrefeuille tout ouïe

Chèvrefeuille tout ouïe

D’abord, deux plantes adoptives étaient venues apporter une pointe de fraîcheur chlorophylle sur ces dalles inanimées : déposé par son maître sur les pavés du passage, le chèvrefeuille serait le premier à rejoindre la terrasse. Taillé de près, il ressemblait alors à une torsade de cordes. A présent, il était de mille petites oreilles vertes dressées, tout ouïe de ce qui se préparait dans son nouveau chez-lui. Le vieux bambou, l’ancêtre, avait trouvé sa nouvelle famille. Cette dame cherchait d’autres yeux pour cet arbuste qui avait orné tant d’années le balcon de sa maman disparue.

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Pousses à planter de Pépins production

Et des plantes qui ont du sens. La nouvelle fournée de semis de Pépins prod. (qui avait déjà approvisionné l’opération « Descends ta jardinière ») était prête depuis 15 jours. Les plantules s’amaigrissaient dans leur petit pot de naissance, en attente de la fenêtre météo favorable.

Dans la cagette des pousses à planter de Pépins Production préparée par Amélie la semeuse, on puisa  : « des saveurs : tomates roses de berne, tomates groseille, tomate surprise, persil, basilic grand vert, origan grec, piment oiseau, petits poivrons, Goji… Avec de la patience, les fameuses courges vertes hokkaido, agastache anisée. Des fleurs : ipomée, pois de senteur, achillée millefeuille, grandes capucines, muflier, soucis « .

Merci à Géraldine et Baptiste, parmi les premiers adhérents de l’association « Pépins production, la pépinière de quartier » Ils apportent ainsi leur soutien à notre projet de pépinières de quartier pour Paris (Un post à venir !).

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Potager haut

« Le potager à hauteur » était prêt. On interprétait, à notre manière, la mode (bien pratique) des potagers à hauteur d’homme : de belles caisses de vin, lasurées bio par Baptiste, attendaient leurs nouveaux « verts » sur leurs tréteaux. Il restait à les remplir….. Pendant que Géraldine nourrissait l’enfant, Baptiste installa le potager familial.

Après l’effort, le temps de la contemplation, depuis le magnifique et ingénieux coffre banc-coffre en bois construit par le papa bricoleur de Géraldine.

On attendrait patiemment le début de l’automne pour installer paisiblement d’autres plantes et arbustes. Géraldine et Baptiste feraient l’expérience de leur terrasse pour ajuster leurs envies. Et on respecterait le cycle des plantes pour planter au bon moment. On n’aménage pas une terrasse comme on décore une pièce. Et on aurait soif de désirer !

A boire_AV

A boire !


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En ce début 2015, soyons fruitiers de fraternité !

Cultiver la fraternité…

2014 se couchant sur Paris, depuis Caulaincourt.

2014 se couchant sur Paris, depuis Caulaincourt.

 En ces commencements blessants, chers amis « suiveurs », que cette année qui se relève donne du fruit à vos modestes ou grandes initiatives pour une vie belle, chaleureuse, attentive et paisible auprès de vos familles, amis, voisins, inconnus si proches et parfois si lointains. Cultivons, chacun à notre mesure, la fraternité autour de nous !

 


Plantation de fruitiers, un bon début….

En cette entrée en 2015, bienvenue aux pommiers Reine des Reinettes et Akane, au figuier à fruits rouges et au doux tronc gris pâle, aux quatre pieds de vigne Muscat bleu et Perdin : jeunes arbres prometteurs de fruits et de fraternité, plantés cet hiver dans le passage.

Figuier en omnibus

Figuier en omnibus

Voyages initiatiques
De premiers pommiers, tant rêvés à distance, n’auront hélas pas pu prendre place dans le fidèle caddie rouge une fois parvenu à la pépinière Châtelain. Du haut de leurs quatre mètres, il aurait fallu percer le toit du bus qui nous ramenait vers le RER de Goussainville pour Paris.
Le figuier (belle consolation) aura connu, droit comme un i, l’épreuve du RER D.
D’autres pommiers salvateurs seront enfin parvenus d’Alsace, tête et racines nues* et petit tronc à trois branches, tels des balais de sorcière.
Dans la paille, on ne trouve pas que des aiguilles, mais aussi des pieds de vigne. C’est ainsi que j’ai reçu (dans ce genre de colis que protège généralement papier bulle ou chips de polystyrène), bien empaillés, les quatre plants de vigne soigneusement sélectionnés.

 

 

Lune parisienne

Lune parisienne

 Course contre la nuit
Alors, en décembre, au retour de mon travail, dans la petite fenêtre de lumière restante s’obturant de jour en jour, d’heure et demi, en heure vingt puis quinze puis moins encore, dans la bruine nocturne, j’ai planté les arbres, presque à tâtons: un petit nid douillet et riche pour leurs racines nues, bien pralinées** de boue argileuse, bien choyées par la main humaine comme jamais elles ne le seront plus. Des pots plus profonds que larges pour les pieds de vigne et le figuier. Les caisses à orangers pour les pommiers. Et, à fleur de terre, là où respire le collet de l’arbre, cet engrais de luxe : le crottin de cheval percheron éperdument épandu.

Course contre l’obscurantisme… Retroussons-nos manches, pralinons la fraternité, comme on praline les racines nues d’un arbre fruitier.

 

Installation des nouveaux arrivants

Pourquoi des arbres fruitiers sur les pavés ?
Un jardin à Paris peut être vivrier. Ouvrir plus encore le passage-jardin à la dégustation, après l’émerveillement de la forêt de tomates sauvages en 2014, et continuer d’étonner les passants.
La maturation d’un fruit, du bourgeon, à la récolte et à la taille, rythme l’année à chacune de ses saisons. Elle suscite la curiosité, permet l’observation, invite à la patience et au respect du cycle végétal tout au long de l’année.
Une récolte peut se cueillir et se partager collectivement. C’est l’occasion de rassembler les habitants autour de temps forts et de ponctuer ainsi la vie sociale du passage. A l’image de la fête des vendanges à Montmartre, qui sait.

Fruitiers de fraternité.

Pourquoi des pommiers, des vignes, un figuier ?
En diversifiant les végétaux, on favorise aussi l’accueil d’une diversité d’insectes pour créer un écosystème robuste et le plus autonome possible.
Le pommier s’adapte à toutes les expositions, y compris l’ombre, et peut se cultiver en bac.
Deux variétés retenues pour leur maturité précoce et leur pollinisation facile. Deux pommiers plutôt qu’un seul, pour favoriser les chances de pollinisation (pollinisation croisée de fruitiers compatibles fleurissant à la même période) : le Reine des Reinettes, variété ancienne, robuste et résistante, aux pommes douces ; l’Akane pour ses pommes rouges brillantes comme celles que dessinent les enfants, et aussi acidulées, juteuses et croquantes.
Des cépages qui donneront du raisin de table. Deux variétés (Perdin et Muscat bleu) résistantes aux maladies cryptogamiques pour leur maturité précoce (1-5 septembre / 15-20 septembre) pour faire face à la diminution de l’ensoleillement à la fin de l’été dans le passage. Deux couleurs, raisin rouge et raisin blanc pour le contraste des couleurs et des goûts.
Le figuier, qui évoque et dégage, par ses fruits et ses feuilles, la chaleur du sud tout en se plaisant bien dans les cours parisiennes à toutes les expositions. Il est sobre dans ses besoins nutritifs et son entretien.

De belles pommes rouges, des figues joufflues et de lourdes grappes de raisins à partager ! On peut toujours rêver…. Patience… d’ici deux ou trois ans, peut-être ?


*Végétal en racines nues : arbre réceptionné en racines à nues, non enrobées de terre. Possible en hiver seulement, après la chute des feuilles, pendant l’état de dormance du végétal, entre novembre et mars. Favorise (après pralinage) une reprise vigoureuse au printemps et présente l’avantage d’un transport plus léger !

** Praliner : enrober les racines nues d’une préparation protectrice (boue nourricière et fertilisante) pour éviter leur dessèchement, empêcher les poches d’air entre les racines et la terre d’accueil. Cette opération favorise ainsi leur amalgame lors de la plantation et la bonne reprise du végétal lorsqu’il est planté en racines nues.

 


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Le luxe à Paris…

Exclusif ! Deux matières rares et précieuses à l’honneur de la collection cosmétique organique automne-hiver 2014. Un secret à ne surtout pas dévoiler aux adeptes de MylittleParis

Fragrance fumante de cuir et d’humus, texture agglomérée en rondes légèrement friables, c’est le crottin de cheval percheron s’ébattant en prairie. Un baume nourrissant d’exception.

Fibres dorées de céréales coupées enchevêtrées, texture rêche à fort pouvoir calorifique, c’est la généreuse brassée de paille. Un tricot fermier et chaleureux pour délicates parisiennes.

Cet ensemble haute culture, un rêve sur papier glacé pour jardinière urbaine parisienne ?
Pas à Paris XVIIIè…. Ces deux matières nobles et rares sont arrivées cet automne au passage ! Les plantations seront bientôt parées d’une luisante fourrure hivernale.

Crottin et paille…. Offrandes simples et précieuses, geste libre et inattendu d’une habitante au retour de sa campagne. Le luxe, c’est cela, exactement.

Usages :
La paille permet de protéger les pieds des végétaux, pour maintenir la chaleur contre la froidure de l’hiver, limiter l’évaporation de l’eau et aussi apporter de la nourriture organique qui viendra amender la terre en se décomposant progressivement.
Le crottin de cheval (éviter celui des centres équestres, pouvant contenir des résidus de médicaments) qui a reposé quelques semaines (pour détruire les germes) est associé à la paille pour améliorer les qualités organiques de la terre. Il peut aussi être dispersé en surface à même la terre (sans lui faire toucher tronc et racines qu’il pourrait brûler) et réjouira particulièrement les plantations fruitières et les rosiers.

On regrette la disparition des calèches parisiennes….


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Un poisson dans le ciel

poisson bonbon AVDans les mailles d’un filet, le ciel bleu de Paris pêché un mardi d’octobre. Provisions d’azur avant l’ensevelissement par le gris, océan d’hiver sur cette Ile de France. Et soudain dans le ciel bleu scintillèrent le mouvement, la lumière : nageoires du soleil qui rougeoie ou poisson feu dans le ciel ? Une masse rouge bonbon acidulé…. Une lumière vive et ronde qu’on pourrait déposer au creux d’un coquillage. Un roudoudou qu’on ferait fondre très, très lentement sous la langue pendant la longue traversée des jours sombres. Une confiserie solaire que l’on s’efforcerait de sauvegarder jusqu’à la venue du prochain printemps.

 

paquebot rouillé AVA bord de leur paquebot rouillé, trois poissons rouges récemment débarqués d’autres contrées voguent vers leurs nouvelles aventures, munis de leurs nageoires oriflammes. Prêle, menthe, lentilles d’eau encore jeunes parfument et renouvèlent leur atmosphère aquatique. Le filet, protection illusoire contre quel prédateur : le petit chat noir, des mains vagabondes, les assauts du froid  ? Les mâts-prêles arque-boutés, l’eau qui se trouble de temps en temps sous un filet alors échevelé signalent quelques tempêtes mystérieuses mais à ce jour toujours surmontées…

 

panier aquatique AVFabriquer un bassin aquatique :
– la bassine : une bassine charmante et cabossée suffisamment profonde, trouvée au coin d’une rue ou au fond d’un grenier. Tester préalablement son étanchéité et boucher les petits trous avec du silicone transparent.
– l’eau : remplir d’eau de pluie (non calcaire, non javellisée…) ou d’eau du robinet que l’on laissera alors reposer quelques jours.
– les plantes aquatiques et oxygénantes : pour filtrer l’eau et mettre en place un petit écosystème autonome, implanter quelques végétaux en les installant par exemple dans un petit panier rempli de susbtrat. Le panier peut tout simplement être une de ces barquettes plastiques ajourées qui conditionnent les godets de plants en jardinerie. Positionner au fond du panier un carré de feutre géotextile pour fixer le substrat. Remplir le panier avec le mélange de terre à dominance d’argile (appesanti par l’eau) dans lequel on loge les végétaux. Plonger le tout au fond du bassin…..
– il ne reste plus qu’à faire venir des poissons ! Suggestions d’approvisionnement avant de courir à l’animalerie : l’aquarium de vos amis, l’école de vos enfants qui héberge souvent des poissons en surnombre. Au début, on pourra saupoudrer quelques flocons alimentaires à heure fixe et on sympathisera ainsi avec les poissons !


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Le jour des boulettes

Ce samedi, j’avais convié petits et grands du passage à leur/mon premier atelier de jardinage. A cette occasion, enfants de trois ou huit ans, jeunes parents et collégiens enchaînèrent les boulettes. Mais cela ne prêta pas à mauvaises conséquences, bien au contraire…

boulettes graines AVCar voici la recette des boulettes… de graines*
Ingrédients : argile, terreau, graines.
Fabrication : on commence à façonner une petite boule d’argile dans le creux de sa main. On incorpore ensuite à la perle ocre un peu de terreau (deux tiers/un tiers). Puis on ouvre la boule avec le doigt pour offrir à la graine un petit nid. On referme le tout. On peut ensuite la poser ou la lancer pour atteindre des lieux inaccessibles.

Dispersion de graines de plantes mellifères
On a commencé par reconnaitre et récolter tous ensemble les graines de la belle rose trémière rouge (venue de l’ïle de Ré), qui avait tant brillé cette année : au printemps, elle était montée, montée vers le ciel, développant des grappes de boutons. Le lundi de pentecôte, le rouge nous était enfin apparu. Mes fournisseurs, habitants du passage, m’avaient rapporté de leurs vacances d’autres couleurs de trémières. Ces malvacées, riches en pollen et en nectar, attirent les insectes. Voilà une graine à boulette !
On malaxait tous de bon coeur, mains noircies malgré les premières réticences. Chacun put choisir ses petits présents dans la palette des semences jaune, fuchsia, rose, blanc rosé, mauve, rouge. On obtint une belle pyramide de boulettes. Au top départ, comme une envolée de moineaux, chaque semeur s’enfuit déposer son petit secret dans une aspérité de pierre, un petit creux de terre. La graine, lovée dans sa coque de protection nutritive, se décidera-t-elle à germer ? Fera-t-elle amalgame avec son terrain d’accueil ? Révélation des Kinder surprises multicolores au printemps prochain !

*La boule de graines s’inspire d’une idée lancée par le mouvement dit de « guérilla jardinière », qui désigne un mouvement de réappropriation d’espaces délaissés au profit d’une émergence végétale. Elle est dénommée « bombe à graines ». Moi je préfère dire boule, pour la douceur et la poésie de la démarche plutôt que son évocation militante plus radicale. Mais l’effet reste le même: favoriser le retour de la nature dans nos villes, pour les oiseaux, les insectes, mais aussi le plaisir de nos yeux.