jardiniere de passage

De l'expérience d'un jardin dans un passage de Paris.

Sous la marquise

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pluie sur la mareSous la marquise, je regarde la pluie qui tombe à gros points fermés, à point nommé.
Le plaisir du jardinier. Les arrosoirs sont au repos. La pluie délasse les jeunes chevelures assoiffées avant de les gargariser. Effet volume garanti. Il était temps. Les premiers jours de mai, secs, doux et ventés avaient déjà épuisé les réserves d’eau au pied des plantes en bac. Et la grande poussée végétale s’était, un jour, trouvée empêchée d’avancer. Elle avait commencé à se flétrir comme une vieille dame avant même d’avoir goûté sa jeunesse. Avaient suivi de grands bains d’eau de Paris à l’huile de coude.

fleur larme man ray

Fleur d’Akane  à la Man Ray

La pluie a cessé.
Akane, le pommier, a dû pleurer pendant la pluie. Sans doute pour que sa tristesse reste discrète. Pourtant de belles larmes blanches trahissent sa peine, recueillie par les feuilles de l’oranger du Mexique compatissant qui, de quelques jours son ainé, avait déjà connu l’envolée de ses fleurs odorantes. Car le cadeau de ce printemps, c’est qu’Akane, le pommier, a donné ses premières fleurs ! Discrets boutons roses camouflés dans leur enveloppe verte devenant lumineux pétales blancs aux étamines fardées qui font penser aux yeux de « Larmes » de Man Ray. Promesses de pommes. Une nouvelle aventure de jardinier….

 

larmes Akane

Consolations

Je suis des yeux la chute des larmes blanches d’Akane qui jonchent aussi le pavé et flottent encore quelques instants dans la bassine en zinc avant de sombrer. La tristesse passagère m’aurait aussi emportée, si un léger mouvement d’eau n’avait attiré mon attention.

 

Au beau milieu de la mare, se tient une petite coquille à antennes juchée sur la première feuille ronde et tremblante du jeune nénuphar. Une barque cuivrée, précieux camouflage. Voyageur piégé par la montée des eaux ou par la gourmandise ?  Piégé ? je m’installe dedans la bassine et je regarde. Le jeune escargot, funambule sur le fil de la membrane végétale, avance gaillardement, mû par le parfum frais de la chlorophylle mouillée. Bien agrippé de toute sa bave, il emporte avec lui, dans son mouvement, la feuille qui le soutient en direction de la rive. Le jeune escargot retient au passage que la feuille de nénuphar est décidément une bouée bien pratique, avec ses longues tiges aquatiques reliées à son rhizome ancre, comme une longue laisse qui donne du mou. Terre ! terre ! Les antennes en éveil, il faillit de faiblir devant la tentation d’un plumeau croquant. il détourne le cou et poursuit sa route. Là bas, une étroite passerelle lui tend la perche… Attendrie, la jardinière ferme les yeux sur la suite de sa course. Celui-ci ne rejoindra pas ses congénères imprudents, là-bas, dans le buisson de lierre du terrain vague.

 Le voyage de l’escargot
(surpris à la tombée du jour dans sa route
par l’appareil photo d’un mobile, piètre qualité).

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