jardiniere de passage

De l'expérience d'un jardin dans un passage de Paris.

Un bouquet de roses anciennes pour Jean-Marie Pelt

2 Commentaires

Il aimait bien les roses anciennes, m’avait-il confié.

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Je me souviens de Jean-Marie Pelt…
Combien de tours de France, de pages manuscrites, de conférences données, de public rencontré, de lecteurs, d’auditeurs emportés dans l’aventure des plantes ?
Faire connaître la nature, apprendre à la regarder pour se construire une meilleure vie avec elle dans la société humaine… Jean-Marie Pelt était encore à 82 ans un infatigable pèlerin de la terre. Ce chrétien engagé d’origine protestante cherchait aussi dans les autres spiritualités des réponses pour montrer la nécessaire et bienfaitrice et universelle interdépendance de l’homme avec le milieu naturel.
J’aimais son approche ouverte et non sectaire, non partisane de ce qui pouvait être bon pour notre monde. Son travail de vulgarisation, intelligible et fluide pour tous comme une histoire ou une parabole ne lui a pas fait que des amis auprès du monde scientifique. Le savoir ne se partage pas….
Ce n’était pas un écologiste partisan, de ceux qui auront fait tant de tort à l’avancée de ces sujets dans notre système politique, mais un homme aimant de la nature et des gens.

Je me souviens de Jean-Marie dans ses interventions publiques.
De cet homme simple et chaleureux à la voix de Philippe Noiret (il appréciait non sans coquetterie cette comparaison) qui débarquait en costume négligé dans le monde des banquiers en col blanc pour parler d’un autre monde. C’est là que nous nous sommes rencontrés. De son air faussement bon enfant, il savait lancer quelques piques bien placées auprès des marionnettistes mal intentionnés de notre monde. Puis il s’était trouvé beaucoup de fans parmi les élus des collectivités locales lauréates de l’opération des Rubans du développement durable que j’animais et qu’il avait présidé pendant 5 ans. Je me souviens de cette conférence à Melun des Défis d’aujourd’hui et de cette tournée de lasagnes dont il riait et qu’il faisait malgré lui en même temps que la tournée des hôtels ibis qui l’hébergeaient.

Je me souviens de Jean-Marie dans sa petite maison de Moselle.
Yeux plissés et enfoncés derrière ses lunettes à double foyer, entouré d’un océan de livres posés à même le sol du salon. Il avait toujours un nouvel ouvrage en préparation.
Dehors, les mirabelliers, les noyers ne recevront plus la visite du botaniste en son jardin où il venait y prendre le rythme de la nature. Il doit encore me rester une ou deux noix du petit sac qu’il m’avait offert en quittant sa maison.

Je me souviens d’abord de Jean-Marie dans ses chroniques de CO2 mon amour sur France Inter. Denis Cheissoux ne fera plus avec lui le tour rituel de son jardin qui était aussi à chaque fois une conversation sur la marche du monde et nourrissait ses chroniques sur France Inter. Dans ses prises de parole, il était toujours très au fait de l’actualité. Pourtant, nul internet en sa demeure. Rencontres, lectures le nourrissaient, l’informaient.

« Comment va ma filleule ? » me demandait-il en septembre dernier.
Il suivait à distance mon chemin après le séisme de Dexia, ma quête d’une autre place dans la société. C’est que notre Association Pépins production, qui s’inscrit dans une dynamique d’écologie urbaine à forte dimension participative, venait fièrement de recevoir le soutien de celui qui a initié et porté l’écologie urbaine en France depuis Metz où il fut Maire adjoint, puis au sein de son Institut Européen d’écologie.
Mon histoire professionnelle et personnelle résonne de ces moments où nos vies se sont croisées lors d’un coup de fil, de son soutien sur un projet, d’un déjeuner à sa table, d’un moment de spiritualité…. Il aura participé de mon élan pour l’écologie.

Ré-écoutez Jean-Marie Pelt et vous aurez envie d’écouter plus sérieusement la nature !
Puis regardez vers le ciel, vous apercevrez un petit astéroïde qui porte son nom.
…Je me souviens du fax de l’Union internationale d’astronomie qu’il avait reçu ce jour-là de 2008 dans son bureau du Couvent des Récollets, pour saluer «son engagement pour l’environnement et la planète». Dans sa vie, il n’était pas fier. Mais de cela il avait été si fier.

 

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2 réflexions sur “Un bouquet de roses anciennes pour Jean-Marie Pelt

  1. Pingback: Hommages – A l’ami émerveillé | Eglises & écologies (E&E)

  2. Un bel hommage à ton image
    Manou

    J'aime

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