jardiniere de passage

De l'expérience d'un jardin dans un passage de Paris.


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Il a suffi d’un chant d’oiseau sur Paris…

Depuis le 13 novembre, une partition musicale anxiogène se joue sur la capitale. Après les terribles heures rouges, Paris a le blues. De jour comme de nuit, ça sonne binaire, dans des tonalités bleutées, à fréquence rapprochée. Peut-être est-ce seulement le cerveau qui exagère ? Les musiciens jouent en extérieur. Sur leur tête, des chapeaux ronds qui semblent trop petits pour l’ampleur de la tâche, clignent de bleu. Force d’intervention ou berceuse qui veut rassurer ? Les sons linéaires traversent Paris comme une flèche. Son onde fait vibrer nos membranes corporelles. Dans le bruit de la ville, un verre qui tombe, une portière qui claque, et soudain c’est le silence qui se fait. Dans mon café, on a rangé les ballons de baudruche du beaujolais nouveau de peur qu’ils n’éclatent.

Il a suffi d’une autre chanson pour que le blues passe au vert. Une marche dans Paris la nuit au retour du travail. On l’avait quand même assurée, cette soirée du beaujolais nouveau, on ne s’était pas dégonflés. C’était le dernier soir de cette extraordinaire douceur de novembre. Pour la première fois de mes retours nocturnes, je traverse une incroyable conversation chantée d’oiseaux. Leurs trilles joyeuses, roucoulantes, aériennes, mélodieuses se gargarisent du bon air nocturne et chantent la vie à tue-tête. Un air ravissant qui chasse les refrains obsédants. Un chant pur, si lointain et presque oublié, qui fait renaître et ramener du bon côté de la ligne de vie.

Sur le panneau d’affichage du passage-jardin, quelqu’un a laissé un petit mot : « tout le monde va bien dans le passage? ». Cette semaine, trois premiers boutons roses du camélia ont éclos.

 

Au café, les Parisiens font face…