jardiniere de passage

De l'expérience d'un jardin dans un passage de Paris.

En ce début 2015, soyons fruitiers de fraternité !

5 Commentaires

Cultiver la fraternité…

2014 se couchant sur Paris, depuis Caulaincourt.

2014 se couchant sur Paris, depuis Caulaincourt.

 En ces commencements blessants, chers amis « suiveurs », que cette année qui se relève donne du fruit à vos modestes ou grandes initiatives pour une vie belle, chaleureuse, attentive et paisible auprès de vos familles, amis, voisins, inconnus si proches et parfois si lointains. Cultivons, chacun à notre mesure, la fraternité autour de nous !

 


Plantation de fruitiers, un bon début….

En cette entrée en 2015, bienvenue aux pommiers Reine des Reinettes et Akane, au figuier à fruits rouges et au doux tronc gris pâle, aux quatre pieds de vigne Muscat bleu et Perdin : jeunes arbres prometteurs de fruits et de fraternité, plantés cet hiver dans le passage.

Figuier en omnibus

Figuier en omnibus

Voyages initiatiques
De premiers pommiers, tant rêvés à distance, n’auront hélas pas pu prendre place dans le fidèle caddie rouge une fois parvenu à la pépinière Châtelain. Du haut de leurs quatre mètres, il aurait fallu percer le toit du bus qui nous ramenait vers le RER de Goussainville pour Paris.
Le figuier (belle consolation) aura connu, droit comme un i, l’épreuve du RER D.
D’autres pommiers salvateurs seront enfin parvenus d’Alsace, tête et racines nues* et petit tronc à trois branches, tels des balais de sorcière.
Dans la paille, on ne trouve pas que des aiguilles, mais aussi des pieds de vigne. C’est ainsi que j’ai reçu (dans ce genre de colis que protège généralement papier bulle ou chips de polystyrène), bien empaillés, les quatre plants de vigne soigneusement sélectionnés.

 

 

Lune parisienne

Lune parisienne

 Course contre la nuit
Alors, en décembre, au retour de mon travail, dans la petite fenêtre de lumière restante s’obturant de jour en jour, d’heure et demi, en heure vingt puis quinze puis moins encore, dans la bruine nocturne, j’ai planté les arbres, presque à tâtons: un petit nid douillet et riche pour leurs racines nues, bien pralinées** de boue argileuse, bien choyées par la main humaine comme jamais elles ne le seront plus. Des pots plus profonds que larges pour les pieds de vigne et le figuier. Les caisses à orangers pour les pommiers. Et, à fleur de terre, là où respire le collet de l’arbre, cet engrais de luxe : le crottin de cheval percheron éperdument épandu.

Course contre l’obscurantisme… Retroussons-nos manches, pralinons la fraternité, comme on praline les racines nues d’un arbre fruitier.

 

Installation des nouveaux arrivants

Pourquoi des arbres fruitiers sur les pavés ?
Un jardin à Paris peut être vivrier. Ouvrir plus encore le passage-jardin à la dégustation, après l’émerveillement de la forêt de tomates sauvages en 2014, et continuer d’étonner les passants.
La maturation d’un fruit, du bourgeon, à la récolte et à la taille, rythme l’année à chacune de ses saisons. Elle suscite la curiosité, permet l’observation, invite à la patience et au respect du cycle végétal tout au long de l’année.
Une récolte peut se cueillir et se partager collectivement. C’est l’occasion de rassembler les habitants autour de temps forts et de ponctuer ainsi la vie sociale du passage. A l’image de la fête des vendanges à Montmartre, qui sait.

Fruitiers de fraternité.

Pourquoi des pommiers, des vignes, un figuier ?
En diversifiant les végétaux, on favorise aussi l’accueil d’une diversité d’insectes pour créer un écosystème robuste et le plus autonome possible.
Le pommier s’adapte à toutes les expositions, y compris l’ombre, et peut se cultiver en bac.
Deux variétés retenues pour leur maturité précoce et leur pollinisation facile. Deux pommiers plutôt qu’un seul, pour favoriser les chances de pollinisation (pollinisation croisée de fruitiers compatibles fleurissant à la même période) : le Reine des Reinettes, variété ancienne, robuste et résistante, aux pommes douces ; l’Akane pour ses pommes rouges brillantes comme celles que dessinent les enfants, et aussi acidulées, juteuses et croquantes.
Des cépages qui donneront du raisin de table. Deux variétés (Perdin et Muscat bleu) résistantes aux maladies cryptogamiques pour leur maturité précoce (1-5 septembre / 15-20 septembre) pour faire face à la diminution de l’ensoleillement à la fin de l’été dans le passage. Deux couleurs, raisin rouge et raisin blanc pour le contraste des couleurs et des goûts.
Le figuier, qui évoque et dégage, par ses fruits et ses feuilles, la chaleur du sud tout en se plaisant bien dans les cours parisiennes à toutes les expositions. Il est sobre dans ses besoins nutritifs et son entretien.

De belles pommes rouges, des figues joufflues et de lourdes grappes de raisins à partager ! On peut toujours rêver…. Patience… d’ici deux ou trois ans, peut-être ?


*Végétal en racines nues : arbre réceptionné en racines à nues, non enrobées de terre. Possible en hiver seulement, après la chute des feuilles, pendant l’état de dormance du végétal, entre novembre et mars. Favorise (après pralinage) une reprise vigoureuse au printemps et présente l’avantage d’un transport plus léger !

** Praliner : enrober les racines nues d’une préparation protectrice (boue nourricière et fertilisante) pour éviter leur dessèchement, empêcher les poches d’air entre les racines et la terre d’accueil. Cette opération favorise ainsi leur amalgame lors de la plantation et la bonne reprise du végétal lorsqu’il est planté en racines nues.

 

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5 réflexions sur “En ce début 2015, soyons fruitiers de fraternité !

  1. Coucou Axelle, super ce blog !
    Pour info, les figues ne sont pas des fruits….mais des fleurs qui ne grossissent que si elles sont habitées par une petite mouche !!
    Encore bravo et merci pour toutes ses promesses !

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    • Merci voisin de passage ! J’ai en effet encore beaucoup à apprendre. C’est à la fois la difficulté, l’intérêt et la richesse d’un jardin très diversifié.
      Je découvre que c’est le blastophage femelle (qui est ailé, contrairement au mâle) hébergé par les figuiers mâles (caprifiguiers) qui apporte le pollen et vient féconder les inflorescences femelles des figuiers femelles (figuiers domestiques)… mais qu’il existe aussi des figuiers autofertiles ou parthénocarpiques qui peuvent fructifier sans pollinisation. Notre figuier se confirmera-t-il bien femelle ou autofertile ? A suivre !

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  2. Toujours aussi épatée. Alors bien que déjà dit et écrit, je me répète mais BRAVO! passionnée, engagée et poète!

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  3. Bravo Axelle !

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  4. Coucou Axelle

    Les narcisses ont elles fleuries. Est ce que ça butine dans le passage?

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