jardiniere de passage

De l'expérience d'un jardin dans un passage de Paris.


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« Natures vivantes » au passage, été 2014

Dimanche 31 août. Sous la vigilance de la rouge trémière géante, réverbère du passage, les mara des bois s’aventurent, téméraires, sur le pavé.
Un fenouil annuel abrite son ombelle sertie sous l’éventail du robuste palmier. Couple inattendu.
Les pieds de tomate, eux, prennent leur pied tous seuls. Ils poussent presque partout. Semés par le vent, les oiseaux, un jardinier inconnu. A moins que… nés du compost parsemé dans les bacs ?
A la lumière, les fleurs de cucurbitacées se montrent très épanouies, mais pas fécondées pour autant. De plants inconnus, se révèleront-elles courges ou coloquintes ?
Le dahlia rouge ébouriffé tangue, tel un adolescent dégingandé.
L’acer japonica étire ses branches souples en gerbes d’étoiles filantes.
L’olivier et son olive rappellent le souvenir lointain de chaudes soirées estivales.
Précieux baume à ces humeurs mélancoliques, la fleur solaire de millepertuis offre sa couronne d’étamines. Oh, chaparder une mûre ou une tomate cerise juteuses pour avoir l’été en bouche.
La toute jeune glycine teste avec une légèreté sournoise la fiabilité de son tuteur.
Une hypomée donne tout en un jour dans sa corolle à fleur de peau.
A ses pieds, perdurent pour la 3ème saison quelques pensées à la peau toujours fraîche. Curieuses, elles hissent démesurément leur cou pour assister au spectacle du passage.
Tels des trèfles à quatre feuilles, les oxalis papillons disséminent généreusement la bonne fortune.

Et en cet été pluvieux et gris, la jardinière laisse faire et contemple ces facéties végétales. Un repos du 7ème jour, après les remerciements de l’assemblée générale du passage pour le travail effectué et l’état d’esprit insufflé au jardin au fil des rencontres avec les habitants… Permettez-moi de me lancer quelques fleurs !

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