jardiniere de passage

De l'expérience d'un jardin dans un passage de Paris.

Une jardinière chez les Pompiers. Drôle de début pour un lancement !

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Quel est donc le point commun entre ce 13 juillet, veille de fête nationale, veille d’ouverture de mon blog, et la caserne des pompiers de la rue Blanche ?

Un incendie ? Un bal ? Non, une vigne !

Cette belle vigne qui court, court, court le long du portail de la caserne des pompiers de la rue Blanche, qui enguirlande gentiment les portes de garage de ses rutilants camions rouges. Une vigne bien acclimatée, au pied de la butte, qui s’élance grimpante au dessus du sol, là, à quelques encablures de chez nous : une vigne locale à bouturer, voilà ce qu’il me faut pour le Passage !  Et je rêve déjà de la vigne s’étirant paresseusement sur toute la longueur de notre ruelle. Dans mon rêve, je ne suis pas bien sûre de distinguer beaucoup de grappes de raisin.

Cette belle caserne m’a toujours touchée. Non pour le prestige de ses uniformes, ni pour ses mécaniques rouges. Mais pour le charme de sa bâtisse ceinte d’un vert tendre volubile qui s’enroule en douceur autour de ces hommes du feu. La vigne, avant même de délivrer son précieux breuvage, semble vouloir apaiser de sa présence les stridentes sirènes et la dureté des situations auxquelles il faudra faire face. Ce lieu où l’on prend soin des hommes comme on prend soin de la terre, je comprends les origines de son beau pouvoir attachant. 

C’est que la tradition de cette vigne plus que centenaire est bien ancrée jusque sur les murs intérieurs du garage, ornés de belles fresques en trompe-l’oeil racontant des scènes de vendanges parisiennes. Ce n’est pas une urgence mais un événement culturel qui m’avait donné l’occasion de découvrir ces dessous. Jacques Weber y donnait en 2001 en ce décor une lecture théâtrale du « Roman de monsieur de Molière », un texte de l’auteur russe Mikhaïl Boulgakov dans le cadre de sa tournée « Paris en 20 lieux ». Faire venir le théâtre au public, dans ces espaces insolites de service public.

Me voilà donc, en cette semaine des préparatifs du Bal des pompiers, à me glisser sous la barrière rouge et à m’adresser à l’officier de permanence. Tout de suite, je désamorce l’urgence, bien sûr. Une bouture de vigne ? Entre deux appels téléphoniques et un « affirmatif », l’objet de ma demande le laisse d’abord sans réponse. Une paire de ciseaux, et je me hisse vers de belles et longues pousses déjà ligneuses qui cherchent vainement dans le vide un appui pour poursuivre leur course. Clic, clac, je repars avec sur mon épaule deux longues tiges feuillues et bien fournies en yeux (ce qu’il faut pour réussir une bouture d’après les bons conseils jardiniers)….  Arrivée au Passage je les taille et les plante direct dans le bac potager bien riche en substrat… M’enfin ce n’est pas dit que, là bas, à la caserne, ils ne me revoient pas…. Ce sera toujours un plaisir de venir faire une petite coupe à la vigne des pompiers ! Sinon, je pourrai toujours explorer les vignes de Montmartre.

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